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Et Firmin aurait bien voulu lui dire quelque chose, il n'en a pas eu le temps.
Charles-Ferdinand Ramuz, La séparation des races
Il écoute l'orateur: "le citoyen Antoine de Nonville possède une grande exploitation formée de plusieurs terres qu'il a réunies et confiée à deux cultivateurs exigent des droits onéreux: c'est l'obligation de fournir une grande quantité de gros blé" et ce n'est pas le genre de combat auquel Ostapenko s'est préparée: et l'orateur est ironique et la chaleur de l'été s'est installée Gregorovius qui entre à son tour dans la pièce et le commissaire de la république semble ne rien perdre des débats et à côté de lui un paysan dit que le nombre d'enfants exposés est chaque jour plus grand. Et quelqu'un lance à la foule le nom Jean Claude Nicolas Perreney et chacun se méfie de tout le monde et un garçon arrive portant des fourches et des piques et un militaire apporte des nouvelles de Paris et les aristocrates à la lanterne et le temps passe trop vite et sa raison s'est diluée sous le râle de la peur; et c'est déjà septidi 27 Thermidor et autour de lui la bande des paysans s'agite et le jour est torride et les paysans sont désormais décidés à agir et des individus entrent et sortent sans cesse et quelqu'un lance à la bande le nom Pierre Charles La Roquebrou et il regarde encore autour de lui et il fait chaud chaud et l'atmosphère est fougueuse et il cherche qui peut dans la salle affirmer: "tandis que nos ennemis se précipitent sur nous"…
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Il existe aussi une version tout à fait différente.
Robert Graves, Les mythes grecs
Grand ciel rouge - sextidi 16 Thermidor à demi éclairé par le soleil, dans un immense vacarme, des tombereaux entrent bruyamment sur la place de la Réunion… Des filles vont et viennent, les familles essaient de percer la masse confuse de la foule… Des charrettes rouges arrivent sur la place de la Réunion. Le jour semble manquer de temps; une jeune femme fixe le peuple. Elle se tourne vers la foule. Il n'y a pas plus gris que le gris de ce ciel. Une voix s'élève de la populace: "Vivent les patriotes". Nuages: quelqu'un demande à quelqu'un d'autre: "qui est-ce?". On entend une réponse: "Théroigne de Méricourt", de rares transparences se dissolvent dans la pâleur des crépuscules - les aides du bourreau s'emparent de la condamnée, la couchent sur la planche, mettent sa tête dans la lunette de la guillotine., l'exécuteur regarde la condamnée, salue la foule qui l'acclame, libère le couperet; la tête coupée roule sur l'échafaud… Les mains du bourreau saignent. Le sang coule en abondance sur le pavé: deux bourreaux emportent le cadavre, le jettent
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— Elle avait un sourire, un sourire d'enfant innocent mais pas effrayé, pas effrayé du tout.
Elie Wiesel, Un désir fou de danser
Elle se rend compte qu'elle ne peut rien faire contre sa force; Monsieur Tristan Hanneton lui embrasse le cou là où les veines palpitent; Monsieur Tristan Hanneton l'inonde d'amour - Monsieur Tristan Hanneton mord son ventre; son sang se met à danser, "Nunca he venido tan fuerte…" ils baisent frénétiquement. Mademoiselle Stillman relève ses jambes, dos cambré, offre son sexe; Monsieur Tristan Hanneton mêle ses gémissements aux siens. Cindy Stillman garde la mémoire de tous ceux qui l'ont possédée. Son coeur bat avec une telle violence qu'elle peut à peine respirer, Cindy Stillman aime sentir la pine de son amant exploser en elle: sa chatte ouverte appelle le membre comme un aimant. Cindy désire les caresses de l'homme qui la fait geindre; Cindy Stillman aime se sentir brisée, Monsieur Tristan Hanneton se pénètre de l'odeur de la femme… Cindy Stillman sent le sexe se dresser contre elle avec une force irréelle; pendant un moment Monsieur Tristan Hanneton demeure immobile en elle… Ses jambes s'ouvrent… Cindy Stillman pousse des reins: son corps est un dédale d'émotions où Monsieur Tristan Hanneton s'égare: son esprit galope fièvreusement tandis que Monsieur Tristan Hanneton respire le parfum excitant de sa peau… Monsieur Tristan Hanneton lui donne ce bonheur du corps qu'elle préfère à tous. Mademoiselle Stillman apprécie une certaine violence dans le sexe…
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Ludivine, quand elle ne fait ni la lessive, ni la couture, ni les mille petits travaux domestiques dont les vieilles filles se montrent friandes, s'ingénie à connaître les trésors du magasin.
Gilber Dupé, La fore aux femmes
Elle s'est donnée une infinité de petites habitudes qui définissent sa vie quotidienne. Que peut-il y avoir d'autre. Mademoiselle Thérèse ne comprend pas. Pour Thérèse, dieu est une solution: Mademoiselle Aragorn ne voit dans le monde que menaces et stupidité, les problèmes s'imposent à elle comme une caresse. Un événement chasse l'autre! Ne peut pas, se sent continuellement un peu versatile. Mademoiselle Thérèse a élevé le culte de la modestie au niveau d'une oeuvre d'art: c'est une solitaire qui ne veut pas faire des rencontres, elle a naturellement la notion du péché et vivre lui semble inséparable d'une faute indicible. Mademoiselle Aragorn demande pardon pour tout… Elle sait que toute joie, même miniature, doit se payer un jour; son tempérament est assez instable… Mademoiselle Aragorn a des yeux d'un vert très clair. Thérèse a moins peur de la nuit que du réveil; Mademoiselle Thérèse voudrait se sentir aimée! La vie terrestre lui semble de peu d'importance - difficile. Mademoiselle Aragorn se demande si tout est toujours aussi difficile; parce qu'Mademoiselle Thérèse n'aime pas vivre, la mort est son vertige - Rémauville ou Ichy, pourquoi pas. Mademoiselle Aragorn est fiévreuse; Mademoiselle Thérèse est sur terre comme sur une planète étrangère - Thérèse Aragorn est comme ça…
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C'étaient des coutumes de jeunes gens d'il y a longtemps…
Alain Fournier, Le Grand Meaulnes
Elle élève des lapins angoras - Thérèse a une crinière d'un blond-roux qui dissimule en partie ses yeux blancs. Mademoiselle Aragorn a la notion du péché et vivre lui paraît inséparable d'une faute indicible. Mademoiselle Aragorn croit parfois retenir la mort. Thérèse Aragorn voudrait que son esprit reste tranquille face à toute divagation. Cherche à avoir le moins mal possible. Mademoiselle Aragorn a peur de tout. Sa faiblesse est dans le besoin d'un confort minimum. La vie terrestre lui semble de peu d'importance; elle ne trouve aucune jouissance à vivre. Elle vit solitaire, a toujours vécu solitaire. Elle a une crinière d'un blond-roux qui, retombant sur son nez, dissimule en partie ses yeux éteints. Ne parle jamais de sentiments. Les sujets variables l'intriguent. Les problèmes s'imposent à elle comme une caresse. Thérèse demande pardon pour tout, c'est un specimen d'humanité archaïque: Thérèse Aragorn ne s'intéresse pas aux questions! Mademoiselle Aragorn se pend à sa fenêtre, même si ce n'est pas la peine de regarder. Aime être seule. Mademoiselle Thérèse vit son existence comme une imposture! Thérèse Aragorn ne veut ni vivre ni mourir…
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Beauce, morne plaine!
Jean de la Guérivière, Les bons pères
Elle rejette la violence de la lumière - elle porte en elle la violence de l'éternité: ce qui change et ce qui ne change pas. La rivière n'est pas très propre - l'eau coule lente sans état d'âme - elle s'avance comme une veine, la rivière se cache. La rivière, c'est une rivière, coule… La rivière balafre la campagne, une barque descend parfois le courant, légère; un autre parfois remonte dans un bruit monotone de moteur diesel… La rivière est un témoin. Le soleil illumine la rivière (c'est de l'eau) - les rives droites sont bordées de saules mélancoliques: elle est un symbole de l'indolence… Un peintre s'est installé à l'ombre d'un sapin - il y a aussi un pont. Habiter une rive ou l'autre n'est pas sans importance… C'est une rivière dont le nom importe peu: Loing, Seine, Lunain… L'eau coupe l'espace de Champagne-sur-Seine en deux parties égales; l'eau scintille par plaques: il y a la rivière. La rivière, ici, seule rompt la lenteur du paysage: c'est une rivière anonyme. Une rivière est toujours une diversion, spectacle banal qui cependant ravit l'esprit simple. Cette rivière a aussi un nom… Eau. La rivière coule vite, toute plate… Le mouvement ininterrompu mais calme de l'eau limite la mélancolie, la rivière, c'est une rivière, coule, comme coule l'eau.
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Il me semble que désormais il y a des choses auxquelles je dois réfléchir profondément…
Kenzaburô Öé, Lettres aux années de nostalgie
Ecrire un roman n'est qu'un jeu… Il n'y a pas de bonnes réponses. A quoi sert l'écrivain, si ce n'est à tenir des comptes? Dans le roman l'imaginaire occupe sa place: le roman doit faire tenir ensembles des faits contradictoires.
Ce roman aurait pu commencer ainsi: Monsieur Tristan Hanneton proposerait une citation: "Je n'aime pas la littérature homogène. Plus les blocs sont dissonants, mieux ça vaut." Ce personnage sent que cette citation est capitale; or ce personnage est un personnage de roman; il est peut-être aussi un personnage réel… Mais tout cela est bien mouvant. Aucune rationalité ne peut expliquer cette situation incontrôlable… D'un certain point de vue.
Et si l'auteur - Jean-Pierre BALPE - était lui-même un personnage de ce roman,
Chercher à comprendre est déjà comprendre qu'il n'y a rien à chercher.
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Grabinoulor n'avait pas oublié son rendez-vous de trois heures…
Pierre Albert-Birot, Grabiboulor
Des chariots entrent bruyamment sur la place du Champ de Mars… Un cri traverse la foule: "hideuse marcheuse, va au diable." une femme s'avance, l'impudence est sur son front, d'une fenêtre, un enfant crie: "maman, maman". Elle se couche d’elle-même sur la planche, semble prier - les tambours roulent, le bourreau libère le couteau - le sang coule à gros bouillons: le bourreau essuie le sang qui a rejailli sur son visage; l'odeur du sang chaud envahit la place, excite la foule. Une vieille femme hésite une seconde puis se décide, cheveux noirs, courts et hérissés. Les bourreaux s'emparent d’elle sans ménagement, la plaquent sur la planche, la couchent sous la lame suspendue. Il y a une fente claire et quelque chose tombe comme l'éclair; le sang éclabousse les vêtements rouges du bourreau, on entend un choc sourd, la tête se sépare du corps. Une autre condamnée monte les marches de l'échafaud, à son tour le bourreau rouge s'avance, approche de la guillotine, libère le couperet, la tête jaillit, comme crachée par la lunette de la guillotine; deux flots de sang jaillissent du cou coupé… Deux flots de sang jaillissent du cou coupé: le flot de sang se perd dans la mare nauséabonde qui entoure l'échafaud… Sang, sang, l'univers paraît fait de sang: une femme semblant sortir du tombeau approche vêtue à demi elle se tourne vers la populace. Le ciel traîne sur la ville comme un ventre trop lourd…
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Apprenez quelque chose, Monsieur!; si vous avez une bribe de génie, vous ne pourrez jamais croître que du dedans, sous la poussée de vos propres forces!…
Roger Martin du Gard, La Sorellina
Cindy Stillman rêve d'avoir à s'occuper d'une affaire bien dure. L'intelligence de Stillman est toute d'intuition, Cindy Stillman se donne chaque fois un nom différent… Cindy Stillman a un esprit audacieux - la plupart du temps elle s'occupe d'affaires conjugales… Sa spécialité est la filature à moto. Cindy Stillman est toujours excitée lorsqu'elle découvre des preuves d'infidélité conjugale; il lui semble alors mettre en évidence toute la dureté du monde. Cindy Stillman vit sa vie comme un jeu même si elle affronte parfois d'authentiques dangers - Stillman pratique aussi plusieurs sports de combat… Son métier lui a donné une vision sordide de la condition humaine… Cindy Stillman adore faire des filatures. Julie Lafougue lui paraît être un patronyme de bande dessinée. Cindy Stillman adore son travail, elle ne voudrait pas en faire un autre: Cindy Stillman vit sa vie comme un jeu même si elle affronte parfois de vrais dangers; Cindy Stillman ne s'appelle pas Cindy Stillman mais Julie Lafougue. Cindy Stillman aurait pu s'appeler Esther Quinn ou Queen car ce nom lui paraissait raffiné, mais elle y a quand même renoncé. Cindy Stillman n'est pas subtile mais elle ne craint pas les sauts dans l'ombre: Stillman a trente deux ans. Cindy Stillman pratique aussi plusieurs sports… Cindy Stillman pratique aussi plusieurs sports. Cindy Stillman vit sa vie comme un jeu même si elle affronte parfois d'authentiques dangers; Cindy Stillman aime son travail, elle ne voudrait pas en faire un autre…
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L'important était en effet d'enlever la charogne de là tout de suite…
Pierre Magnan, Périple d'un cachalot
Chacun est un grain de poussière. Qu'importent les personnes réelles que sont Elytis ou Blanche si l'histoire désire leur mort… Il y a une étrangeté parfois même une raison du désaccord, Oedipe… Une tête exige une autre tête; comprenne qui voudra. Le pire châtiment est de se laisser abattre sans avoir eu la possibilité de lutter - nos crimes sont plus que des assassinats; tout ce qui se passe est en sommeil depuis 216 ans; c'est l'histoire de l'ogre et du Petit Poucet et c'est aussi celle du Juif errant; mémoire des assassinats… Nous avons attiré la mort - nous regardons leurs morts en face. Le meurtre après tout n'est qu'un moyen comme un autre pour atteindre le but que nous nous fixons, l'appel du sang : nous ne vivons que de ces assassinats… L'histoire est un cercle, l'assassinat n'est après tout qu'un moyen comme un autre pour atteindre le but que nous nous fixons, un par patronyme, n'est-ce pas un message assez pur? Il y a des regards dont le choc est insoutenable… Nous frapperons quand et où nous l'avons décidé, quand toutes les choses seront dites.
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