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Ludivine, quand elle ne fait ni la lessive, ni la couture, ni les mille petits travaux domestiques dont les vieilles filles se montrent friandes, s'ingénie à connaître les trésors du magasin.
Gilber Dupé, La fore aux femmes
Elle s'est donnée une infinité de petites habitudes qui définissent sa vie quotidienne. Que peut-il y avoir d'autre. Mademoiselle Thérèse ne comprend pas. Pour Thérèse, dieu est une solution: Mademoiselle Aragorn ne voit dans le monde que menaces et stupidité, les problèmes s'imposent à elle comme une caresse. Un événement chasse l'autre! Ne peut pas, se sent continuellement un peu versatile. Mademoiselle Thérèse a élevé le culte de la modestie au niveau d'une oeuvre d'art: c'est une solitaire qui ne veut pas faire des rencontres, elle a naturellement la notion du péché et vivre lui semble inséparable d'une faute indicible. Mademoiselle Aragorn demande pardon pour tout… Elle sait que toute joie, même miniature, doit se payer un jour; son tempérament est assez instable… Mademoiselle Aragorn a des yeux d'un vert très clair. Thérèse a moins peur de la nuit que du réveil; Mademoiselle Thérèse voudrait se sentir aimée! La vie terrestre lui semble de peu d'importance - difficile. Mademoiselle Aragorn se demande si tout est toujours aussi difficile; parce qu'Mademoiselle Thérèse n'aime pas vivre, la mort est son vertige - Rémauville ou Ichy, pourquoi pas. Mademoiselle Aragorn est fiévreuse; Mademoiselle Thérèse est sur terre comme sur une planète étrangère - Thérèse Aragorn est comme ça…
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C'étaient des coutumes de jeunes gens d'il y a longtemps…
Alain Fournier, Le Grand Meaulnes
Elle élève des lapins angoras - Thérèse a une crinière d'un blond-roux qui dissimule en partie ses yeux blancs. Mademoiselle Aragorn a la notion du péché et vivre lui paraît inséparable d'une faute indicible. Mademoiselle Aragorn croit parfois retenir la mort. Thérèse Aragorn voudrait que son esprit reste tranquille face à toute divagation. Cherche à avoir le moins mal possible. Mademoiselle Aragorn a peur de tout. Sa faiblesse est dans le besoin d'un confort minimum. La vie terrestre lui semble de peu d'importance; elle ne trouve aucune jouissance à vivre. Elle vit solitaire, a toujours vécu solitaire. Elle a une crinière d'un blond-roux qui, retombant sur son nez, dissimule en partie ses yeux éteints. Ne parle jamais de sentiments. Les sujets variables l'intriguent. Les problèmes s'imposent à elle comme une caresse. Thérèse demande pardon pour tout, c'est un specimen d'humanité archaïque: Thérèse Aragorn ne s'intéresse pas aux questions! Mademoiselle Aragorn se pend à sa fenêtre, même si ce n'est pas la peine de regarder. Aime être seule. Mademoiselle Thérèse vit son existence comme une imposture! Thérèse Aragorn ne veut ni vivre ni mourir…
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Mémoire, sœur obscure et que je vois de face
Autant que le permet une image qui passe…
Jules Supervielle, Oublieuse Mémoire
Se voit comme un gigantesque détective; vit en grande partie dans une fiction achevée; se raconte perpétuellement des histoires, est de ces femmes qui savent rapporter tranquillement les renseignements qu'on ne donnerait pas à une autre. Considère que si elle avait des relations amoureuses durables, cela pourrait nuire à l'efficacité de son travail - Cindy Stillman aurait adoré être un homme. Il y a chez Cindy Stillman une détermination sinistre… Adore faire des filatures. Aurait pu s'appeler Esther Quinn ou Queen car ce nom lui semblait svelte. Cindy Stillman n'est ni belle ni laide… Ne s'appelle pas Cindy Stillman mais Julie Lafougue; cependant elle trouve que elle convient mieux à son métier de détective - la plupart du temps elle s'occupe d'affaires conjugales. Son métier lui a donné une vision cachée de la condition humaine, son intelligence est toute d'intuition; Cindy Stillman vit dans l'attitude: Julie Lafougue lui paraît être un patronyme de bande dessinée, quand Stillman accepte une enquête, elle ne la lâche pas; Cindy Stillman pratique aussi plusieurs sports. Quand elle rêve, ses rêves ont la précision d'une décision mûrement réfléchie, elle vit sa vie comme un jeu même si elle affronte parfois de véritables dangers; Cindy Stillman pense que pour être un bon détective il faut savoir tout faire et tout accepter… Essaie de se faire passer pour une étudiante faisant une thèse sur l'histoire du Gâtinais…
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Maître Lemerle, en effet, était lieutenant dans la réserve… Il était aussi candidat nationaliste dans le quartier des Vieilles-Haudriettes.
Anatole France, Crainquebille
Aucun doute ne l'effleure sur la justesse de sa conception de la vie… Monsieur Samuel de Bressac redoute par dessus tout - et en tout…- la pauvreté. Son travail n'est guère plus qu'une façade sociale, une façon d'être, une distraction élégante. De Bressac porte comme parfum un curieux mélange de vanille et de différents bois de forêt vierge peut-être de l'huile de bergamote légère mais pas douceâtre… Bressac ne parle que pour la volupté de parler…; Bressac a de l'humour et montre beaucoup d'habileté!… M. De Bressac a des airs de grand seigneur et un aplomb immense… Samuel de Bressac ne roule qu'en jaguar, ne porte que des costumes Armani et des chaussures Weston. Il a une solide fortune personnelle. Bressac joue au poker avec témérité et des résultats divers, et à la Bourse. Bressac se satisfait d'une foule de gens dont la compagnie n'a rien de vital pour lui… (son réel est encombrée de nombreuses aventures avec les femmes). Bressac est prudent en tout… Bressac peut lire n'importe où. Sa vie est une suite sinueuse de séductions, manigances et aventures diverses. Bressac ne forme la clientèle de son cabinet que de membres de la bonne société du Gâtinais français… aristocrates locaux, artistes, médecins, etc. N'a jamais eu le goût de la simplicité… De Bressac ne se pose que peu de questions… Monsieur Samuel de Bressac veut plaire à tout prix et attirer l'attention sur lui… Monsieur Samuel de Bressac a l'art de lancer une conversation - Bressac a le sourire de celui qui se sent à l'aise et qui est sûr de plaire… Bressac considère sa situation comme idéale et pense que les autres doivent se fixer pour but d'atteindre cette hauteur…: De Bressac a le goût particulier de vouloir rapprocher les gens… Bressac est certain que le danger est un chaudron de soupe…
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— Mais pourquoi est-ce donc si mal de vendre son âme au diable?
Anonyme, Dernière édition
Cindy n'aime pas particulièrement la campagne. Fait toutes ses filatures à moto, Cindy Stillman n'est ni belle ni laide… Les dés sont pipés, a l'habitude de foncer. Cindy Stillman rêve d'avoir à s'occuper d'une affaire bien exigeante… Cindy Stillman a rompu toute relation avec sa famille… Elle a trente deux ans, mais ses activités physiques permanentes ont maintenu son corps jeune. Cindy Stillman se donne chaque fois un nom différent et s'efforce d'apporter à son aspect physique de légères modifications: sa spécialité est la filature à moto, elle parcourt ainsi chaque année des milliers de kilomètres. Quand Cindy Stillman accepte une enquête, elle ne la lâche pas avant d'avoir trouvé une solution. Ne dit une chose que si elle la pense vraiment. Cindy Stillman vit dans la blessure. Sait se fondre dans tous les contextes - Cindy a appris à ses dépens que les gens mentent perpétuellement… Stillman pratique aussi plusieurs sports de combat, Stillman n'a jamais su faire rien d'autre que fouiller dans la vie des gens. N'est pas subtile. Considère que son métier exige qu'elle soit solitaire. Son intelligence est toute d'intuition. Stillman se voit comme un énorme détective quelqu'un comme Sherlock Holmes - vit dans une fiction absolue…
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— Quel est cet homme ? — Ha, c'est un bien grand talent, il fait de sa voix tout ce qu'il veut. — Il devrait bien, madame, s'en faire une culotte.
A Pouckine, Les nuits égyptiennes.
Théobald Benato a une méfiance instinctive envers tous ceux qui réussissent, se dit pourtant que Rachid Sanchez ne peut s'être dénoncé lui-même - une colonne porte un fichu imprimé portant les droits de l'homme et du citoyen; sur une table basse, le dessus d'une coiffeuse orné d'emblèmes révolutionnaires cotoie une carte à jouer avec un sans-culottes armé d'une pique. Se demande quand même pourquoi Rachid Sanchez lui enverrait tant de messages anonymes… Théobald Benato se demande comment son cousin peut être si riche: se demande ce qu'il fait là… Pense qu'il est obtus - n'est pas loin de penser qu'il le prend pour un imbécile: ciel très turquoise, turquoise… Contemple le jardin symétrique. Regrette presque d'être venu… Benato feint de s'intéresser à tous ces objets… Tourne en rond… Théobald reste muet; regrette d'être venu - sous les fenêtres une vaste pelouse; Théobald Benato se sent intimidé par la richesse de la maison. Il n'aime pas être porteur de mauvaises nouvelles, car bien que Rachid Sanchez soit son cousin, ils ne se fréquentent pas; Théobald n'est pas habitué à tant de luxe, le soleil éclaire déjà les pointes des pins…
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Si le soleil s'est couché une infinité de fois, il ne s'est jamais levé qu'un certain nombre de fois depuis que je suis là.
Catherine Weinzaepflen, Entretien avec Jean-Luc Parant
Son réveil a été brutal… Est en-dehors de tout, observe les mouvements éruptifs des prisonnières… Une chaleur paisible entre dans ses muscles; voit surgir un juif nommé il portant un bébé endormi - les rêves peuvent peser d'un gros poids sur les âmes… Il brave la morsure des euménides… Steering semble très imperturbable… Débat, il a déjà rêvé quelque chose de ce genre. Le visage de Steering éclaire la campagne… Tout s'arrête… Johanna danse tout autour de la chambre. Des luttes de dobermanns se construisent dans les frondaisons, hurle "Steering", "Steering", sans discerner le vrai sens de ce hurlement… Le mot "victime" est suspendu dans l'atmosphère, permet la musique des luminosités de la compréhension… Délire. Discerne les soupirs des barques sur la rivière… Il ne sait plus s'il est la main, l'étrangleur ou la feuille; voit Steering qui ouvre la porte d'une église… il est dans un espace tendu de noir… juste, on lui brise bras et jambes on lui fracasse le dos - dissimule Nathan Gregorovius aux yeux d'Harley Ellison - Steering semble vouloir détruire Hanneton avec fureur… Des chênes passent de chaque goutte de son sang… Il faut admettre que les rêves pèsent - quelqu'un d'autre rapproche et bouscule Steering… Une grosse pierre pèse sur sa poitrine, Steering lui souri…
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Il s'étendait ensuite complètement sur le dos et fixait le plafond.
Farjallah Haïk, L'envers de Caïn
Un nuage se met à couvrir le soleil, crépuscule bleu, ciel noir profond - comment nommer cela, cette espèce d'avertissement muet ? Nuages! Le ciel traîne sur la ville comme un ventre trop lourd - la nuit tombe comme un couperet, le coeur semble s'arracher du corps! La peau transpire. La respiration devient impossible - la frayeur est dans chaque vide d'attente! L'espace menaçant du ciel pesant enferme l'âme; le temps bat au rythme des battements du coeur; une boule d'anxiété se forme dans la gorge il n'y a pas plus gris que le gris de ce ciel, dans cette grande attente de l'inéluctable, l'esprit se suspend, se met en état de veille, tout tendu vers cet inconnu qui doit advenir. Les yeux s'embrument d'épouvante - sa gorge devient sèche, l'orage se déchaîne; les nuages se déchirent sans cesse découvrant des couches de bleu et de lumière vive; le vent siffle; Eckhart regarde le monde qui l'environne comme une menace; le soleil lance dans les nuages de grands jets de sang, menace, angoisse, peur… L'effroi…
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Pendant que je regardais à ma fenêtre les nuages flotter dans le bleu du ciel, quelque part, ailleurs, un homme découpait une femme à la scie égoïne.
Jean Durand, Coïncidences
Radio Gâtine, votre radio! Radio Gâtine à votre service… Ça va de mal en pis! Notre devoir est de vous informer le plus complètement possible; tous ces événements sont assez effrayants pour que nous jugions utile d'en parler. De Bressac reconnaît publiquement avoir une lointaine parenté avec M. Hanneton: la mobilisation est générale; Edward a découvert dans sa boîte aux lettres une petite guillotine! Mme Doucement déclare: "j'ai découvert dans ma boîte-aux lettres une petite guillotine noire; j'ai décidé de porter plainte…": Gwendolen Erme, de Coutençon, nous déclare: "De Séryeuse prend une pleine poignée de benzédrine, les mâche, puis les avale". Il faut être abruti pour ne pas savoir que la vie peut être perturbée à tout moment, sans raison… Eckhart présente à Paulina Pandolfini une gravure représentant une machine verticale en bois portant en légende le mot "Halifax gibet": Samuel Ivar, notre reporter, a interrogé Hanneton, d'Obsonville: "je ne sais pas… Je me demande… C'est quand même absurde tout ça… Y a des trucs pas nets… Faut faire quelque chose…". John Tarrou a perdu son parapluie. Enzensberger se plaint d'être victime de calomnies; des jeunes des banlieues ont proposé leur aide. Les habitants de la région sont désemparés… Mademoiselle Thérèse, de Sorgues, a été cambriolée cette nuit - Ahmed se plaint de recevoir toutes les heures des mails anonymes"! A chaque heure de chaque jour, des gens meurent quand ils s'y attendent le moins, radio Gâtine, la radio toujours à votre service.
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Quoi que ce soit qui se prépare, dit Jukes, nous y filons tout droit.
Joseph Conrad, Typhon
Pendant que Ivan analyse le texte de la loi du 12 août 1792 sur les suspects, De Séryeuse rêve de jeunes femmes bourdonnant comme mouches dans d'infinies roucoulades ou ignore les blessures du temps, Madame Doucement examine un cliché d'Omar qui frissonne. Madame veuve Rosa Sinouls se demande si elle doit appeler la police. Tout plein de petites saloperies se trament ici et là! Winston imagine que Julie Lafougue termine un petit pain aux graines de cumin, très mou; la vie devient une balançoire vide oscillant au grè du vent! Son voisin vient s'habiller devant sa télévision, enfile des trucs impossibles puis se laisse tomber dans son fauteuil. Tout va à vau-l'eau: un certain Omar, habitant Ichy, téléphone à un ami. Tout plein de petites saloperies se trament ici et là… Tout va à vau-l'eau: Mme Doucement d'Arville se dit que au même moment, Winston écrit le nom "Collot d'Herbois" sur une carte mise ensuite dans une de ses poches. Enzensberger, de Jacqueville, est en sueur alors que Madame Doucement contemple son corps devant le miroir, s'examine en détail. Albert Honeystone note Claude Gregorovius qui s'habille et bouge, circule dans toute la maison. Émile Othon imagine que Mademoiselle Aragorn bouge, bouge, circule dans toute la maison, allume partout et court… Ted Sanchez se laisse tomber dans son fauteuil alors que Winston lit à haute voix un texte. Jacques Dupont appelle Théobald. L'homme trouve dans le cauchemar qui l'entoure la volonté de diriger sa vie…
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Comment échapper au vertige ensoleillé de la mort…
Dominique de Roux, Maison jaune
N'ose se confier à personne, même pas à son amie Édith Néel. S'habille mal pour éviter toute séduction, c'est un sentiment désagréable. Elle est frigide… Fulvie Blanche fait pourtant des cauchemars érotiques dans lesquels elle prend son plaisir avec un inconnu… Madame Blanche n'aime pas son mari ou plutôt elle le déteste - déteste la bouche de son époux sur la sienne, se dit qu'elle aurait aimé vivre dans un couvent - Fulvie Blanche a l'impression d'être une putain, une putain qui fait sa tâche et ne ressent rien… Il n'a pourtant aucune envie de tromper sa femme - l'odeur du corps de son époux lui répugne. Fulvie Blanche a horreur de tout ce qui est gluant, du sperme, de la salive, de la sueur… Déteste ce corps qui pénètre en elle - Fulvie Blanche ne peut s'empêcher de penser que chaque enfant porte en lui un peu de l'imperfection de l'acte sexuel dont il provient. Se prend parfois à rêver qu'une maladie ou un accident prive son époux de tout désir; a parfois des soifs de meurtre: la simple idée de mains caressant son corps lui donne envie de vomir… sous n'importe quel prétexte se couche de plus en plus tard dans l'espoir que son époux se soit endormi. elle ne laisse pas son époux l'embrasser, a une nostalgie tyranique de son enfance de l'innocence et de la satisfaction qu'il y avait en elle; Fulvie vit dans une sensation tenace de culpabilité… Elle ne comprend pas comment elle a pu se marier: ne croit pas en l'amour depuis qu'elle sait ce que l'amour exige - se contente de donner en pâture un corps sans réactions.
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Je me prenais pour rien, pour plus rien du tout…
Nicole Sigal, Enfer à domicile
Le vendredi 04 août la vie devient une balançoire vide oscillant au grè du vent, son voisin, quelque part tourne pensivement sur lui-même et après partage son temps entre celui d’ici et celui d’ailleurs… Thérèse Aragorn sent son coeur se serrer et l'anxiété revenir alors que Geneviève Patrimonio examine une pendule de marbre rouge dont le tic-tac résonne dans le silence. Omar, de Trémainville, reste debout un sac à la main puis reste assis, le visage plein de larmes pendant que Pierre Ramboule regarde un sous-verre contenant un vieux papier: "Pétition remise au Comité d'agriculture par des députés des communes du canton de Nanteau". Claude Gregorovius imagine - alors que Claude Gregorovius fouille attentivement dans un placard- que Eugénie regarde très loin, au-delà du village, au-delà des maisons. Au même lieu, au même moment M. Hanneton regarde par la fenêtre. Par un hasard étrange, Monsieur Blanche d'Egreville ouvre de nombreux placards sans trouver ce qu'il cherche alors que au même moment, Edward Munch fait la même chose. Monsieur Grand se demande si une époque nouvelle ne va pas commencer, ferme la fenêtre et marche sur la tête. Bloom revient dans la pièce. Thérèse Aragorn imagine que Monsieur Rieux inquiet, n'arrive pas à regarder la télévision; Monsieur Émile Othon fait l'inventaire de vieilles brochures alors que Axandine a mal au ventre. Comment dire les multiples possibles d'une vie et les vies multiples… Théobald Carnavon imagine que Winston, de Coutençon, court. George Corvick se brûle le pouce en allumant une cigarette, traverse une rue sans regarder et observe le bruit des corps en mouvement. Bumstead admire Madame Odette Winston qui traverse aussi une rue sans regarder. La vie devient une balançoire vide oscillant au grè du vent: le génie est une base solide et le fond de tout être…
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Le matin, James avait l'habitude de se rendre à pied au travail.
Patricia Wentworth, Les ennuis de Sally West
Le mercredi 09 août 2009 les choses ainsi, parfois, s'accélèrent: tout plein de petites saloperies se trament ici et là! Rosa Sinouls regarde De Séryeuse qui téléphone à un ami pour lui vendre le cerf qu'il a abattu la nuit précédente. Les choses ainsi, parfois, s'accélèrent, la vie devient une balançoire vide oscillant au grè du vent; Irène Garp d'Echou se dit que au même moment, Axandine, de Rémauville, s'arrête, lève la tête et les yeux occupés d'angoisse, fixe une photo d'Emile Freilicht. Une inconnue parle à Mme Elytis de Madame Samia Clairwill. - comment découvrir le rapport entre l'aventure de Dominique Gregorovius et celle un certain Olivier Zilbertin: le lundi 14 août 2009 à 12:30, à quelques secondes près Paulina examine un cliché de Monsieur Rieux qui allume des bougies. Thérèse erre sauvage - tout va à vau-l'eau: Benato, d'Isles-sur-Lunain, se dit que la campagne est un cadre précieux pour toutes sortes de crimes alors que Wilbourne se dit qu'il lui faut vider sa machine à laver. Monsieur Grand remarque Clairwill qui ne pense qu'à l'argent et est terriblement malheureuse. Monsieur Blanche, de Rumont, s'allonge sur son canapé pendant que Mademoiselle Mukoma se lève. Un homme qui ne parle pas tout haut, parle quand même…
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…on oublie tout, on s'oublie soi-même, on ne sait plus où l'on est.
Jean-Jacques Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse
Là où n'existe aucune possibilité, tout redevient possible - le lundi 14 août 2009 à 14:46, ou presque au même moment mais dans un autre lieu Madame veuve Doucement ne pense qu'à l'argent. Monsieur de Séryeuse voit Johanna qui tremble. Mademoiselle Dedalus voit Mme Sinouls qui cherche son revolver caché dans sa vieille armoire normande et Edith Honeystone qui tire ses rideaux. Elena Elytis, d'Obsonville, reprend sa place en riant devant son clavier alors que Monsieur Rieux ferme la fenêtre et ses volets de bois. Axandine examine une photographie de John Tarrou qui consulte sa montre toutes les deux minutes. M. Hanneton circule dans sa maison, d'une chambre à l'autre, du couloir au salon jusqu’à la fenêtre. Quelqu'un d'autre, d'Egreville, est absorbé dans la lecture d'un site puis a le sentiment d'être un point de lumière chaude. Émile Othon appelle Ivan. - les choses ne sont pas ce que l'on veut, bien au contraire! Benato d'Arville se dit que au même moment, Dominique Gregorovius ferme la fenêtre. Les mots trahissent… Quelqu'un parle à Emile Freilicht de Pierre Dedalus et lui dit ce qu'il en pense. Paulina Pandolfini imagine qu’Elena Elytis attend que quelque chose se produise. Madame Odette Winston imagine que Benato ne trouve plus le dernier roman de Chateaubriand. Au même moment M. Hanneton se masturbe voluptueusement, il se peut qu'il existe un autre monde…
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Quand on arrive à Münich, l'air se remplit de mots incompréhensibles…
Nancy Huston, Lignes de faille
Dans une grande confusion, il a rêvé de Bressac… Dans une grande confusion, Bressac a rêvé de Bressac; exactement… Les rêves peuvent peser d'un gros poids sur les âmes. Cache Claude aux yeux de Viennie Merda: un tourbillon d'ondes se met à danser sur les murs - découvre l'appel de la mort; le rêve submerge la conscience. Les vociférations se transforment en quelque chose de plus dément et apeuré… Contemple un lavis de Nicolas Colibert portant Madame M.J. Philipon Roland, née en 1784. Mange une part de tarte aux pommes; le mot "corbeau" reste suspendu dans l'air. Des luttes de chien-loups se mettent en place dans les feuilles: se compose un alcool violent de la solitude; crie "Bressac", "Bressac". Il est inutile d'occuper le chaos des élucubrations. Dans la fabrique, Bressac expose des rameaux surprenants. Le visage de Bressac illumine le paysage - il a déjà rêvé quelque chose de ce genre. Voit surgir un juif nommé Nathan portant un bébé endormi. Il se défend contre mille papillons de papier. La mélancolie erre sur les chênaies; sa bouche et sa caboche sont couverts d'écume… Entend les pleurs d'un nouveau né…
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Attention, monsieur solo, attention, vous êtes vraiment dans le rouge.
Yannick Liron, L'œuvrette
Et la mort, la vie de l'individu n'ont aucune importance: tuer le temps… Rien ne recommence. L'homme doit ainsi toujours faire avec! Tout a ses limites… A chaque instant tout recommence à zéro. Et ce qui est ainsi pourrait être autrement - une fois mort: parce que la mort est la grande leçon, comment penser la perte du temps? Quelqu'un se dirige dans un sens, s'enlise, dérive, repart! L'animal lui ne connaît pas la mort; la réalité est incompréhensible: car tout change et la forme de la nature et ses productions. Ce n'est pas la peine de commencer quoi que ce soit: pourquoi Elytis (ou une autre) est-elle dans ce récit (et Eckhart)? Comment avoir la moindre certitude? Commencer et durer sont des concepts qui prennent leur signification du seul temps… toute création humaine doit s'adapter au rythme mobile des grands objets naturels. Le jeu cruel continue. L'homme doit accepter de vivre ce qui lui est imparti - certes la vie serait plus douce si les questions du choix ne se posaient pas - toutes vies sont en effet des flèches sur leurs trajectoires. L'homme vit, l'homme vit dans un monde où rien n'arrive, ou si peu…
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Quelques secondes après, devant la porte vitrée, s'arrêtait l'étrange équipage.
Alain-Fournier, Le grand Meaulnes
Ce que l'homme croit authentique est vrai: le dimanche 06 août à 03:42 précisément, Winston, d'Ormesson, range les photocopies d'archives locales étalées sur son bureau alors que Mademoiselle Dedalus lit un article consacré à la terreur. De Séryeuse, de Rémauville, imagine que Sanchez, d'Echou, laisse tomber ses mains comme des chiffons sur son visage. De Séryeuse a la sensation d'être un point de lumière, se masturbe et contemple le bruit des corps en mouvement. Monsieur Blanche parcourt tous les désirs de la mémoire; M. Hanneton de Thiersanville se dit que au même moment, Themus parcourt un opuscule de fabrication locale intitulé "Monsieur de Nonville". Hanneton contemple son corps devant le miroir, s'examine en détail puis marche d'un pas difficile pendant que Hanneton lit un vieux journal intitulé "Le journal de la liberté de la presse". Pendant que Julie Lafougue chacun fait quelque chose, Johanna pardonne à la lune de rester lointaine ou zappe entre les mots, tout plein de petites saloperies se trament ici et là! Le samedi 12 août à 08:07, - ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Hans Henny Jahnn termine un petit pain aux graines de cumin, très mou alors que Thérèse Aragorn ferme la fenêtre et ses volets de bois. Une inconnue, de Jacqueville, hésite à sortir. Ted Sanchez entasse ses vêtements sur une bergère. Madame Odette Winston ahurie fixe ahurie l'inconnu des frondaisons. Les choses, parfois, s'accélèrent, par un hasard inattendu, M. Hanneton de Sorgues est à bout alors que au même moment, Monsieur Rieux, d'Egreville, fait la même chose. Tous les jours rencontrent leur fin.
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son nom c'est Oncle Sam le grand c'est ainsi pas autrement
Jean-Pierre Balpe, Cent un poèmes du poète aveugle
Bref résumé de l'existence de Manuel de la Parra. Avertissement: tout homme doit arriver à voir clair; le bonheur n'est pas prendre ce qu'on veut mais connaître la valeur de ce qu'on possède. Est né à Sucy-en-Brie un matin de janvier 1968: bélier à l'ascendant. La mère de Manuel de la Parra était de Sucy-en-Brie, vers dix ans Manuel de la Parra quitta Sucy-en-Brie (sa ville natale) pour habiter à Orgères-en-Beauce. Physique: les oreilles décollées… Manuel de la Parra ressemble à un héros romantique : grands cheveux flottants; le front lisse, des cils noirs très fins, un long nez - bouche boudeuse; . Sentiments: son amitié pour Louise Fournier est imperturbable… passe de longues heures avec François Couperin. Amours: un matin de printemps Manuel de la Parra rencontra Albie Saperstien, il la regarda… elle le regarda… elles ne se quitteront plus - vécut une grande passion réprimée qui fut à plusieurs points de vue destructrice. Goûts: Manuel de la Parra fait souvent du cheval - Manuel de la Parra se reconnaît dans le personnage principal de “La métaphysique de l'amour”… son compositeur préféré est François Couperin, aimant la peinture Manuel de la Parra l'aime complètement; et par dessus tout “Chevaux de course devant la tribune”. Rêves: a vu le grand canyon du Colorado. Haines: Manuel de la Parra hait le chaos. Métier: Manuel de la Parra s'occupe d'un magazine en ligne, il rédige des notices religieuses ou morales pour des adolescentes. Généralités: a besoin de pouvoir aimer, pourquoi faudrait-il cela ?, sait qu'il vit et que c'est un miracle, vit pour son travail. Pensée: sa phrase préférée est : "si nous ne pouvons empêcher le temps de fuir c'est par ignorance de ses mystères".
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Nous faisons toujours librement ce qu'il était fatal que nous fassions.
Cioran
Sa vie amoureuse est à la fois absolue et ardente; elle ne comprend pas qu'une femme puisse détester un homme - la passion est pour elle comme une symphonie, Mlle Clairwill est toute musique, a un côté "midinette" et en même temps une grande liberté d'esprit… A aimé les hommes: Enzensberger et Steering furent parmi ses amants… Beaucoup de femmes de la région la considèrent comme dangereuse: il n'y a pas pour elle d'amour sans rencontre physique: a laissé à certains de ses amants des regrets étonnants - Clairwill si ce n'est pour satisfaire ses besoins ne s'occupe pas de ce que font ses concitoyens; même à soixante-quatre ans ne s'inquiète toujours que de ses amours - a aimé un grand nombre de fois: elle aime le bonheur des attouchements, la vie: estime que l'amour conjugal est un poisson trop plein d'arêtes, quand Mlle Clairwill voit un homme, ce n'est pas tant l'homme qu'elle voit que les possibilités d'amour qu'il porte en lui ! L'amour est le centre de son existence - pense toujours aux hommes, chaque nouvelle rencontre est pour elle un nouveau début à son réel. A besoin de se sentir fondre entre les bras d'un homme. Clairwill garde toujours une certaine tendresse pour ses anciens amants… Mademoiselle Clairwill vit sa vie à Sorgues, est insatiable… Les durées de ses amours peuvent être très mobiles, aime parfois follement trois jours, parfois deux ans…
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Gendarme, vous êtes une moule!
Georges Courteline, Le Genderame est sans pitié
Octidi 28 Thermidor an I
à nos frères!
contre l'indulgent Guittard de Floriban de Rumont
restez à votre poste, patout des bandes de brigands parcourent la campagne et chauffent les pauvres gens à la paille de leur lit, où s'est cachée notre sainte fraternité? Et les femmes passent toutes ces nuits à attendre leur tour d'entrer chez le boulanger: le monde va mal; une paire de souliers coûte 25 livres, le sucre 12 livres - nos hôpitaux sont pleins de mourants. Le nombre d'enfants exposés est chaque jour plus grand - notre patrie est en danger; nous demandons la dispersion des couvents; Guittard de Floriban doit être puni pour ses crimes!
un bon citoyen.
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Règne sur moi, me disait-il, je veux être ton esclave parce que je ne suis digne que de te servir en esclave.
Dominique Fernandez, La course à l'abîme
Mlle Clairwill a eu une vie amoureuse très fervente. Quand Samia Clairwill voit un homme, ce n'est pas tant l'homme qu'elle voit que les possibilités d'amour qu'il porte en lui - n'aime pas s'éveiller hors des bras d'un homme.Chaque fois qu'elle s'abandonne à un homme, c'est toujours avec la même force, Mademoiselle Samia Clairwill dévore la vie avec gourmandise… Mademoiselle Clairwill pense toujours aux hommes et, pensant aux hommes, c'est à l'amour qu'elle pense. Sa vie amoureuse lui donne une connaissance absolue, Clairwill vit sa vie à Sorgues, le corps de l'homme a quelque chose de très fort qui l'appelle: Samia aime en l'homme une certaine rudesse: a laissé à certains de ses amants des regrets étonnants… Samia Clairwill garde toujours une certaine tendresse pour ses anciens amants. Est toute chant et exaltation - vit à Sorgues depuis que sa mère est morte… Chaque nouvelle aventure amoureuse l'ouvre à un infini de sensations inattendues; ne s'est jamais tout à fait souciée de savoir qui étaient les pères de ses enfants, les durées de ses passions peuvent être très incertaines, aime parfois trois jours, parfois deux ans… Quand Mademoiselle Samia Clairwill a envie d'un homme, elle est prête à faire n'importe quoi pour le posséder - Bressac et Ratermanis furent parmi ses amants - sent aujourd'hui s'approcher le moment où son réel perdra toute signification, où il lui faudra se forcer à renoncer à la chaleur de l'amour: Mademoiselle Clairwill ne comprend pas qu'une femme puisse détester un homme: a aimé les hommes. Même à soixante-quatre ans ne s'obsède toujours que de ses amours: sa vie amoureuse est à la fois consciente et tendre…
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Des mille formes de la vie, chacun ne peut connaître qu'une.
André Gide, L'Immoraliste
Le réel est un yo-yo, il peut toujours arriver des choses monstrueuses, car l'homme vit: la vie est la seule question qui se pose. Pourquoi Elytis (ou une autre) est-elle dans ce récit? Quelle est la part de vérité dans tout cela? Trop de monde sur cette terre! Car tout change: l'homme meurt… Le temps est si peu de chose au regard de l'éternité… Car la roue tourne pour ses fins propres: comment croire une chose inconcevable? A chaque moment tout recommence à zéro! Comment avoir la moindre certitude? Commencer et durer sont des concepts qui prennent leur signification du seul temps… Des centaines de milliers d'hommes meurent… Les choses se défont si facilement… La mort change tout - il y a ainsi des chances que rien n'ait d'importance, la tentation du baiser à se faire morsure invente la plupart des événements… Mais hors du temps l'homme reste lui-même. La pensée du suicide est une forte consolation! La mort est dingue mais la vie aussi… Le mort chasse le vif…
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Mais avec tant d'oubli comment faire une rose?
Avec tant de départs comment faire un retour ?
Jules Supervielle, Oublieuse mémoire
L'univers se définit contre la mollesse; un cavalier met en place le sexe des bigorneaux - subtilise des bergeronnettes aux fenêtres du crépuscule; est étranger à tout. Il accepte la morsure des gorgones, tout s'arrête; hurle "Hanneton", "Hanneton"; une grosse pierre pèse sur sa poitrine; Hanneton semble très stoïque, quelqu'un, Hanneton ou Blanche, brave une bande de fermiers : un tourbillon d'ondes se met à danser sur les murs : est menacé par Dominique Gregorovius: fait le chant des lumières de la compréhension: rien ne va plus, c'est le rival des apparitions qui vont à pas de condamnée vers un désespoir vert… Voit devant lui les disputes des blattes: voit Bumstead, Elytis et Julius Jouve portant un bonnet phrygien avec une cocarde tricolore… Une luminosité modifie la façon dont les sons s'allongent et se proposent dans la nuit, il se défend contre mille papillons de papier. On lui brise bras et jambes - car il est inutile de grignoter le chaos des réflexions. Le mot "enfant" reste suspendu dans l'atmosphère. Les trèfles sont envahis menaçants. Des clartés tristes irritent l'insolence de la fortune - son antipathie s'agace devant les gueules des dames. Il faut admettre que les rêves pèsent. Perçoit dans le lointain une voix crier le nom "Nonville" ou "Trémainville", ne sait plus. Regarde les ondoiements érotiques des prisonniers. Voit Eckhart et Hanneton…
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Holmer écrivit un poème, d'un genre assez difficile. C'était inégal.
Tennessee Williams, Le champ des enfants bleus
Après le disque du jour, les informations. Et désormais les informations par notre reporter Jean-Paul Amette: notre devoir est de vous informer le plus complètement possible: radio Gâtine, la radio qui vous informe 24 heures sur 24. Madame Samia Clairwill a l'impression que, depuis quelques jours, des inconnus suivent chacun de ses pas: Ahmed s'est blessé en forêt, en dernière minute, nous apprenons que Odette Oates se lève sans but défini; se lève tout simplement, sans le vouloir. Elena Elytis: "avec le gouvernement actuel, c'est pas étonnant… Rien qu'une bande d'incapables…"! Jacques nous signale la destruction de sa boîte aux lettres. Il faut être abruti pour ne pas savoir que la vie peut être perturbée à tout moment, sans raison… La police appelle à la vigilance; Odette Winston a aussi découvert dans sa boîte aux lettres une petite guillotine peinte de rouge - les habitants sont désemparés: Madame Elena Elytis a été menacée par un tosa-token… Monsieur le professeur Eckhart se plaint de recevoir toutes les heures des messages anonymes inquiétants: Rosa traverse une rue sans regarder! Edward, de Champagne-sur-Seine, a été cambriolé cette nuit. L'épouvante perturbe toute la région, Mademoiselle Aragorn a perdu son parapluie… Les habitants de Recloses ont été éveillés, vers deux heures du matin, par des bruits de voix et des cris; chers auditeurs, des radio Gâtine, vous tiendra informés!
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Le soleil était descendu tout en bas du ciel. Il y faisait une grsse tache pourpre, semblable à une plaie fraîche.
Tennessee Williams, Le boxeur manchot
Sortant de la rue Saint-Honoré, plusieurs grands tombereaux amènent à l'échafaud leurs victimes - quelqu'un demande à quelqu'un d'autre: "qui est-ce?"; une réponse se fait entendre: "une propriétaire-accapareuse" - une femme approche cheveux noirs, courts. Personne ne parle, le silence est complet: en un instant elle est couchée sur la planche; silence, le maître-exécuteur regarde le peuple puis déclenche le couperet; la tête est projetée par un violent jet de sang… Les mains du bourreau saignent. Le sang coule en abondance sur le pavé, la condamnée monte les marches de l'échafaud; les bourreaux s'emparent d’elle sans ménagement, la plaquent sur la planche, la couchent sous la lame suspendue, le bourreau libère le couperet… Le bourreau prend la tête de la victime par ses cheveux et la présente à la populace; un bruit sourd et la tête est projetée dans un panier! Une vieille femme aux vêtements rouges danse; le grand bourreau s'approche de la machine rouge, regarde la foule, tire une corde, le couperet tombe en sifflant! Le sang jaillit en flot: le flot de sang se perd dans la mare nauséabonde qui entoure l'échafaud: les flots de sang surgissant du corps mutilé atteignent un mètre cinquante - une jeune femme en pleurs s'avance, se cache le visage… Du cou tranché jaillissent deux flots de sang; un flot de sang couvre le bois de l'échafaud. Le sang jaillit en flot… Les autres condamnés se préparent - la nuit tombe comme un couperet.
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Il était transpercé par l'idée musicale.
Romain Rolland, Jean-Christophe
Les corbeaux, seuls, imposent des points noirs: Mademoiselle Dedalus entend désormais ce qu'elle aurait dû entendre auparavant; s'efforce à remonter dans ses souvenirs… Ce qui l'inquiète le plus, c'est qu'elle ne comprend rien à ce qui lui arrive: pense à Monsieur Rieux. Johanna a honte d'avoir peur. Elle craint que quelqu'un puisse lire dans ses pensées, n'a pas la moindre idée de ce qu'elle pourrait faire - Johanna Dedalus se sent solitaire, ne sait pas vers qui se tourner pour obtenir de l'aide. Johanna n'ose pas se confier à son mari car elle sait qu'il considérera qu'elle se raconte des histoires… Essaie de réfléchir même s'il y a des circonstances où ce n'est pas facile; elle n'arrive pas à chasser de son esprit l'image du motard qui les a poursuivis. Sait bien, de toute évidence, qu'il ne s'agit pas d'un suicide; aimerait bien, malgré tout, que quelqu'un lui dise ce qu'elle doit faire: appeler la police ou se taire - le regret est un sentiment qu'on ne ressent que dans les grands relâchements de la vie, elle se sent aussi ridicule… N'a personne à qui se confier… Les mains sont moites. Le souvenir surgit souvent dans des moments sans conséquences. Le ciel est toujours bleu, le bleu du ciel est horrible…
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Pour exister il faut être nommé.
Gregory Chatonsky, Peoples
Les choses au jour le jour n'ont pas leur place dans un roman. En fonction de quoi? Les hommes veulent qu'on leur raconte des histoires: depuis quand faut-il s'imaginer les choses en couleurs: chacun sait que les histoires sont imaginaires même quand elles disent des vérités plus considérables que celles que nous pouvons trouver ailleurs.
il y a de multiples solutions à tout roman, surtout lorsqu'ils sont virtuels, une solution possible est qu'il soit un roman de romans et que les personnages ne parlent que d'autres romans encore. Les personnages citent: "En arriver à ne plus apprécier que le silence, c'est réaliser l'expression essentielle du fait de vivre en marge de la vie." il doit admettre cette situation: il est un personnage de roman et prétend pourtant à la réalité. Les choses ne sont jamais simples; et ce personnage hésite, il ne se souvient pas d’où lui vient cette citation et cela au fond lui importe peu. Ce personnage sait qu'il est un personnage de réel parce qu'il est un personnage de langue. C'est particulier -
et si Ashiya Dillon, qui est un personnage de ce roman en était aussi un lecteur et - pourquoi pas - l'auteur d'autres romans trouvant ainsi ici un écho…
le monde et l'univers des mots ne sont pas pareils.
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