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Blog mis à jour: 21/11/2008 14:06

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   Le roman commence  0 commentaire
[15/11/2008 11:25]

Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite.

Charles Péguy, Note conjointe

Ce roman pourrait donc commencer ainsi: un des personnages de l'oeuvre - disons Wilbourne - lit une citation qu'il a écrite sur un morceau de papier quelconque: "Les choses changent tellement ici. Chaque fois que je regarde de nouveau, il y a quelque chose de différent." il doit admettre cette situation: il est un personnage de roman et prétend pourtant à la réalité. Or ce personnage comprend qu'il n'est qu'une pièce d'un puzzle et qu'il doit accepter cette situation: il va falloir essayer de comprendre pour avancer ! Il est important de connaître ses limites !

et s'il n'y avait pas d'auteur ou plutôt tellement d'auteurs que ce serait comme s'il ne y en avait pas ?

quelle que soit la manière dont les faits sont présentés, quel que soit le nombre de détails, l'essentiel échappe à la narration... Le récit d'une vie humaine peut être aussi long ou aussi bref que le veut son auteur, le roman apporte au réel la mesure de l'irréalité : écrire un roman n'est qu'un jeu : tout mot fait mal,

chercher à comprendre est déjà comprendre qu'il n'y a rien à chercher...





   Message secret  0 commentaire
[07/11/2008 14:47]

Où? Quand? Pourquoi? Couic. Je suis dans le noir. Je suis constamment dans le noir.

David Lodge, Pensées secrètes

"Vingt-quatre mariage de Thérèse ce qui produit le bien général est toujours terrible Le Courrier extraordinaire le chiffre 24 a un sens particulier les clubs et les sociétés populaires de femmes sont défendus neuf fois Je me suis toujours bien sûr débattue avec le problème de dire ce que ni vous ni moi ni personne ne sait, mais vraiment qu'est-ce que vous et moi et chacun sait et comme je vous l'ai dit chacun entend des histoires mais ce qui fait de chacun ce qu'il est ce n'est pas cela. Les saints de bois et de plâtre ont éprouvé que les bras des sans-culottes détruisent toutes les aristocraties en même temps divination de Karl Jaspers: des pensées effrayantes envahissent l'esprit... "

"Vingt-quatre jours "La guillotine et l'imaginaire de la Terreur" de Daniel Arasse vingt-quatre accusés La soirée se déroula ensuite da façon normale Il faut placer le glaive à côté de l'abus vingt-quatre vingt-quatre heures vingt-quatre La poignée tourne avec un grincement "Le tournant de l'an III" il faut que l'homme vive indépendant ta souillure est une infâmie vingt-quatre"

Quelqu'un se moque de lui! Le professeur Eckhart ne comprend pas... Depuis le démarrage de ce cauchemar, monsieur Eckhart est déconcerté par les événement...





   Fantasmagorie  0 commentaire
[03/11/2008 11:17]

L'idée de Dieu était bonne: créer l'homme pour ne plus être seul dans cet univers infini et avoir un fils dans ses bras.

Jean-Marie Kerwich, L'Évangile du gitan

Un enfant temporise tout en allant de l'avant dans une caverne somptueuse puis hurle "bourreau" - un tourbillon d'ondes se met à danser sur les murs - affronte les miasmes des mensonges! Se compose un alcool violent de la solitude. Or des chasseurs surgissent de toutes parts; engendre la musique des clartés de la perception... On lui brise bras et jambes on lui fracasse le dos. Car il est inutile de retenir le charivari des imaginations, sa bouche et son visage sont couverts d'écume: les gens sont des choses et toutes les choses deviennent des gens, la mélancolie rôde sur les chênaies! Des luttes de tosa-tokens se mettent en place dans les feuillages... Trouve l'appel de la mort; regarde Nathan Gregorovius - les rêves peuvent peser d'un gros poids sur les âmes: les corbeaux, seuls, imposent des points noirs - une chaleur paisible entre dans ses muscles. Une enfant inspecte sa mère tout en buvant un verre d'eau, quelqu'un d'autre approche et bouscule Bumstead... Jette un coup d'oeil dans un miroir où des albatros contemplent la couleur du moment: crie "Bumstead", "Bumstead", sans percevoir le vrai sens de cette vocifération - il se défend contre mille papillons de papier! Admire un procès-verbal de prestation du serment civique. M. Hanneton s'éveille avec la conception du mot " bourreau" comme un avertissement.





   Adresse au Tribunal Révolutionnaire  0 commentaire
[17/10/2008 15:40]

C'est rien, dit la boulangère, ça repoussera.

Isabelle Sojfer, Cent quinze romans-fleuves

 

Sextidi 26 Thermidor

au Tribunal Révolutionnaire,

contre le propriétaire-accapareur Guittard de Floriban d'Avon

vos principes sont les nôtres; pourtant le monde va mal; les femmes passent toutes les nuits à attendre leur tour d'entrer chez le boulanger - et l'état de notre nation est effrayant, on voit des filles de douze ans finir dans les bordels: les tailles et les droits écrasent les paysans... Nous mourons de faim! Nos campagnes sont pleines d'enfants abandonnés qui errent à la recherche de pain! Toute personne qui ne suit pas les idées communes est persécutée:  en son sein la république  ne peut  nourrir  ses ennemis -  la république ne sera assurée que lorsque de tels fédéralistes auront été punis,

un bon citoyen.


   Questions de roman  0 commentaire
[24/09/2008 15:06]

Ne manquerait plus que je libère le clapier…

Jacques Demarcq, Les zozios

Les romans ne sont écrits qu'avec des trous que les lecteurs comblent parfois, le roman combat contre le temps; si un roman a besoin d'intrigues, celles-ci n'ont à être ni uniques, ni linéaires. Chacun sait que les histoires sont imaginaires même quand elles disent des vérités plus importantes que celles que nous pouvons trouver ailleurs. Le roman avance masqué dans l'entrecroisement des citations vraies ou dissimulées; de quel monde le roman doit-il parler? Comment exprimer l'univers en paroles? Ecrire n'est pas une nécessité ! Il n'y a pas de cohérence dans le roman, - et c'est ce qui fait sa force - il parle n'importe comment de n'importe quoi. Tout est vrai dans un roman, parce qu'un auteur n'invente rien ; il y a un  dehors du roman, affirmé comme un réel : un monde où se passe autre chose. Le récit place la vie au sein d'un ordre... Le romancier joue au chat et à la souris avec son lecteur, le roman est un jeu sur la mémoire - c'est alors que les mots viennent à manquer: les choses au jour le jour n'ont pas leur place dans un roman. Ce sont les gens dans les livres qui devraient imaginer nos histoires, le roman a quelque chose à voir avec la culture générale de ses lecteurs, pourquoi donc faudrait-il des romans? Dans un roman la perversité est plus intéressante que la normalité - le roman est un jeu d'adresse... Le rapport du roman à la réalité est étrange - les histoires n'arrivent qu'à ceux qui sont capables de les raconter ! Personne ne veut faire partie d'une fiction; le seul lieu où l'individu existe est sa propre tête...


   Bulletin d'information  0 commentaire
[23/09/2008 15:00]

L'histoire de l'art est une histoire de prophéties.

Walter Benjamin, Écrits français

Voici nos informations du jour - chers auditeurs, la journée a été dure, radio Gâtine, la radio qui vous informe 24 heures sur 24 - radio Gâtine vous remercie des informations que vous lui communiquez, la mobilisation est générale! A chaque heure de chaque journée, des gens meurent quand ils s'y attendent le moins. Les autorités suivent attentivement la situation; Tristan a été menacé par un bouledogue qui a failli le mordre. La panique perturbe toute la région; Labadie a découvert dans sa boîte aux lettres une petite guillotine peinte de rouge... Ted Sanchez déclare: "j'ai découvert dans ma boîte-aux lettres une petite guillotine noire; je ne comprends pas, j'ai décidé de porter plainte...", la police appelle à la vigilance, Irène Garp se plaint d'être victime de calomnies ! Ahmed Blanche, de Recloses, a été cambriolé cette nuit. Blanche, maire d'Isles-sur-Lunain, a déclaré à notre reporter: "ça ne peut plus durer et je viens d'écrire au Ministre de l'Intérieur pour qu'il prenne toutes les mesures nécessaires"... De Bressac reconnaît publiquement avoir une lointaine parenté avec Tristan Hanneton: Edward Eckhart se plaint de recevoir toutes les heures des mails anonymes; les habitants de la région sont désemparés, en dernière minute, nous apprenons que Mademoiselle Dedalus regarde le paysage à travers ses rideaux livides. A Rémauville, Antoine Grand nous apprend qu'il y a souvent du retard dans la distribution du courrier, il lui semble même qu'il a de plus en plus ! Radio Gâtine, l'information vingt-quatre heures sur vingt-quatre...


   Menaces  0 commentaire
[20/09/2008 11:35]

En prenant son temps, la nature est arrivé à transformer les reptiles en espèces volantes.

Paul Morand, L'homme pressé

Date : mon 14 august 2009 01:00:00 + 0001
From : ingen@ei-kukaan.be
To : Bloom@gatinais.com
Subject : j'ai ouvert devant toi une porte que personne ne peut refermer.

sept générations de maudits toi et ton entourage êtes condamnés. Aucune parole ne sera prononcée au-delà -  tous mes écrits sont pleins d'indices mais je veux que tu mettes du temps à comprendre... Tu ne résisteras pas à la honte de ce qui sera révélé ! Tu devrais changer d'études , chaque jour te rapproche de ta fin - ne te crois pas à l'abri ; regarde autour de toi ; tu te débattras longtemps aussi violemment que vainement, prépare-toi à mourir - ma vengeance a attendu plus de soixante-quinze mille jours... Ce que tu rêves t'est refusé ; inutile de t'agiter, tu n'échapperas pas à ton destin ! Personne ne peut plus rien pour toi  ; il est temps d'apprendre à mourir... Tu as oublié les noms d’hier depuis deux siècles ta famille vit sur le lieu de son crime.

consulte "http://www.Bloom.org".


   La certitude  0 commentaire
[16/09/2008 9:33]

Mc Pherson entend démontrer qu'il est capable de s'en sortir sans l'aide de quiconque.

Didier Decoin, John l'enfer

La certitude ne donne aucune leçon. Parlons d'autre chose... C'est une exception. La mémoire est une sacrée certitude. Personne ne peut franchir la distance qui le sépare d’autrui - les correspondances sont infinies. Le monde a l'air comme ça. Parlons d'autre chose, que dire ? Les choses se défont si facilement ; (la certitude est aux prises avec la contrainte -) il n'y a pas qu'un seul lendemain - la certitude est un état douloureux ! Parlons d'autre chose - la certitude est une vérité, pas une colère ! Parlons d'autre chose : tout est à recommencer... Trop de certitude met l'homme au-dessous du couple ; le réel tient toutes les douleurs dans sa main immense. Ce n'est pas la certitude qui trouble les hommes mais les jugements portés sur la certitude ; un romancier n'est pas un philosophe (certitude a ses limites :) tout ça n'est que du bruit comme de sons d'une langue étrangère inconnue ; il est impossible que tout ait lieu en même temps ! Il faut bien dire quelque chose, parlons d'autre chose - parlons d'autre chose ! Comment ? Cela simplifie la question ; il y a une sagesse qui enseigne à se réjouir des petites choses de la vie ; personne ne ressemble assez à un autre pour pouvoir le comprendre tout à fait. Il n'y a rien d'autre en ce monde qui puisse se comparer à vivre le peu de temps qui nous est accordé, respirer, il y a en l'homme plus de certitude que l'âme ne doit en supporter...


   Le ciel est trop plein de bleu  0 commentaire
[19/08/2008 7:34]

Deux mois s'écoulèrent sans amener aucun changement.

Mathew Gregory Lewis, Le Moine.

Le ciel est trop plein de bleu. La fête se déroule dans un orgie de soleil et de bleu. Les sons couvrent tout de leur raz de marée irrésistible. Notes jetées dans le délire, hurlements, cloches : tintamare, tintamares…  fête populaire. Les rythmes des sifflets stimulent la populace. Des rythmes obsessionnels de chapeaux chinois et de cloches enivrent la populace en délire. Un géant obscène crache sur les masques des flots de friandises. Des chars bariolés passent dans un flot ininterrompu de scènes plus anormales les unes que les autres. Une jeune vierge vêtue de voiles transparents traîne derrière elle un petit cul-de-jatte sur un charriot doré. Un éléphant de carton soulève, de sa trompe, la jupe des femmes. Des troupes d'enfants travestis courent entre les jambes. Une troupe d'enfants, encadrés par leur institutrice, hésite à se lancer dans le cortège. Notes explosant dans le délire, hurlements, cloches : tintamare, tintamares…  fête populaire. Une fanfare défile au rythme d'un grotesque "God save the queen". La cacophonie est totale. La ville est submergée de bruits. Une vieille prostituée décrépite propose des dessins obscènes. Un angelot blond et frisé offre à la foule des grains de riz. Sur les têtes agitées des masques coule le long serpent de la haine aux écailles noires et argent, aux ailes de chauve-souris, aux crochets de vipères. Une troupe de canards verts se fraye un chemin dans la foule. Des infirmiers emportent des malades joyeux. Un enfant vêtu de peaux de vaches mène un attelage de veaux. Les rythmes des sifflets stimulent les cortèges. D'assourdissants roulements de tambour emplissent les rues. La ville se découpe sur la profondeur bleue d'un ciel trop pur. Le soleil affiche la vérité du jour. La journée est ivre de soleil et de bleu. Sur les têtes agitées des masques glisse le long serpent de la haine aux écailles noires et argent, aux ailes de ptérodactyle, aux crochets de vipères. Un Don Juan glabre poursuit tous les jeunes hommes de ses assiduités. Des rythmes obsédants de sifflets et de cloches stimulent les badauds en délire. La ville baigne dans une atmosphère rieuse d'érotisme. Il se dissimule derrière son écriture.


   Question d'art  0 commentaire
[10/08/2008 7:38]

On nous avait appris qu'on ne s'intéressait pas aux querelles mesquines des hommes.

Geronimo, Paroles de sages

 

La question de l'art? Au hasard (non, pas tout à fait)… iannis Xenakis: «L’art participe du mécanisme inférentiel qui constitue les planches sur lesquelles se meuvent toutes les théories des sciences proportions réductibles à des jeux de nombres et de métriques dans l’architecture, la littérature, la mathématiques, physiques, et celles des êtres vivants. En effet, les jeux des musique, la peinture, le théâtre, la danse, etc.; les jeux de continuité, de proximité, dans le temps ou hors-temps, d’essence topologique, se font tous sur le terrain de l’inférence, au sens strict de la logique. À côté de ce terrain, et en activité réciproque, existe le mode expérimental qui dénie ou confirme les théories créées par les sciences, y compris par la mathématique. [...] C’est l’expérience qui fait et défait les théories, sans pitié, sans considération pour elles. Or les arts aussi sont régis d’une manière plus riche et complexe encore, par le mode expérimental. En effet, il n’y a pas, il n’y aura jamais sans doute, de critères objectifs de vérité absolue et éternelle de validité ou de vérité d’une oeuvre d’art, tout comme aucune "vérité" scientifique n’est définitive. Mais, en plus de ces deux modes, l’inférentiel et l’expérimental, l’art vit dans un troisième, celui de la révélation immédiate, qui n’est ni inférentielle ni expérimentale. La révélation du beau se fait d’emblée, directement, à l’ignorant du fait de l’art, comme au connaisseur. C’est ce qui fait la force de l’art et, semble-t-il, sa supériorité sur les sciences car, vivant dans les deux dimensions de l’inférentiel et de l’expérimental, l’art en possède une troisième, la plus mystérieuse de toutes, celle qui fait que les objets d’art échappent à toute science de l’esthétique, tout en se permettant les caresses de l’inférentiel et de l’expérimental. Mais d’un autre côté l’art ne peut vivre seulement par le mode de la révélation. [...] il a un besoin impérieux d’organisation (y compris de celle du hasard), donc d’inférence, et de sa confirmation, donc de sa vérité expérimentale.


   Divagations  0 commentaire
[08/08/2008 7:51]

On est capable d'une chose quand on peut faire ce qu'on veut au moment où on le veut.

Platon, Hippias Mineur

Des batailles de mâtins se mettent en place dans les feuilles, sa bouche et sa tête sont couverts d'écume. Une lumière modifie la façon dont les sons s'allongent et s'offrent dans la nuit : il a déjà rêvé quelque chose de ce genre... Délire - Elytis a l'air de vouloir asphyxier Ratermanis avec rage, quelqu'un d'autre rapproche et bouscule Elytis; car il est inutile de retenir la cohue des réflexions... Jette un coup d'oeil dans un miroir où des frégates admirent la couleur de la matinée. une enfant tout en allant dans une bauge somptueuse doute puis hurle "citoyen", examine les mouvements fous des condamnées. Il ne sait plus s'il est la main, le criminel ou le feuillage. Des Harpies fondent sur lui et dans le noir sous leurs ailes il ne voit rien d'autre que leurs yeux, petits et pleins de haine... Elytis lui sourit : les prés sont occupés de citoyens couverts... Il se défend contre mille papillons de papier; fait le chant des luminosités de l'intuition. Les gens sont des choses ! Il est dans un salon tendu de noir; orné d'ossements, de têtes de cadavres : distingue toujours partout les irritations des barques, reste étranger à tout. Entend dans le lointain une voix crier le nom "Nonville" ou "Rémauville", ne sait plus. C'est un jour, un jour d'été, d'août, M. Hanneton s'éveille avec le pressentiment du mot " citoyen" comme un avertissement !


   La mort n'attendra pas  0 commentaire
[02/08/2008 10:43]

Je suis venu chercher ici l'élan initial, oui, mais pour retrouver une ardeur, et non des formules.

Jules Romain, Les hommes de bonne volonté

La fin toute entière était inscrite dans le début. Un par patronyme, n'est-ce pas un message assez clair ? La mort a assez attendu - il y a des silences qui sont des affirmations, qu'importent les personnes réelles que sont Dedalus ou Steering, qu'importe tel ou tel, si l'histoire désire leur mort. Nos meurtres sont plus que des crimes. Le pire châtiment est de se laisser abattre sans avoir eu la possibilité de lutter ! Nous frapperons quand et où nous l'avons décidé, quand toutes les choses seront dites - nous ne vivons que pour ces assassinats. Nous savons ce qui va arriver. Mémoire des crimes ! Le temps s'accélère. Parce que nous savons ce que nous voulons, nous n'avons pas peur des conséquences de nos actes - plus rien désormais ne nous fera reculer car les temps sont venus, qu'ils disparaissent de la terre et de l'histoire des hommes. La mort peut devenir l'objet d'un amour aveugle... Il y a des regards dont le choc est insoutenable... Trajectoires. Chacun d’eux est un grain de poussière ! Car on est toujours bien aise d'être soulagé par le meurtre de ses adversaires - il y a une étrangeté parfois même un flair de l'antipathie, l'histoire est un cercle où nous sommes enfermés.


   Amour fou  0 commentaire
[31/07/2008 12:26]

David est bien le bébé d'Alice, il a dans le regard la même sûreté de soi.

Lionel Duroy, Méfiez-vous des écrivains

J'ai un besoin désespéré de certitude et je suis prêt à n'importe quoi pour en trouver - elle a toujours partagé mes pensées; la recherche et le charme alternent dans son désir, car je dis ce qu'elle pourrait dire... Notre passion semble inadmissible à la plupart des hommes! J'ai toujours aimé sa chevelure, nous avons beaucoup ri ensemble, sa voix a une telle intensité que j'ai la sensation de parler à travers elle, je sens remonter en moi tout le parfum de mon enfance, je voudrais tant retrouver notre passé. Nous nous contemplons avec un plaisir qui s'exprime en sourires et je ne lui ai jamais menti. Je ne peux tricher avec elle. Me parler est comme lui parler... Nous sommes aussi pareils qu'il est possible d'être; notre amour l'un pour l'autre n'a vraiment pas besoin d'être protégé - elle est heureuse de vivre la folie de nos rêves. C'est elle qui m'habite; j'aime sa passion dans le plaisir, son goût difficile, je me sens divisée entre le bien et le mal: nous sommes les images en miroir l'un de l'autre - on dirait qu'elle saisit parfaitement ma façon de penser. Personne ne pourra jamais être aussi proche de moi. Rien n'a de sens si je ne peux le partager avec elle...


   Le courrier de l'hymen  0 commentaire
[28/07/2008 16:29]

Je n'ai jamais voulu épouser Eurydice.

Gilles Amalvi, Orphée Robot de Combat

Un employé passe entre les rangs tenant à la main un objet ! Une aide apporte une affiche sur laquelle on peut lire : "Le Courrier de l'hymen". Il fait chaud - dans un coin Omar Steering et Edward Munch discutent : aux murs sont fixées des gravures qui attendent d'être vendues : une représente un patriote et quatre gardes s'employant à égaliser la taille de quelques aristocrates et religieux, une autre un homme couché sur une table, la tête ceinte d'un bandeau. Jan Eekhoud est un peu déçu qu'il n'y ait pas plus de monde, Eekhoud montre une pile de livres, prend celui du dessus dont il lit le titre : "Comment sortir de la terreur : Thermidor et la révolution" d'un certain Baczko. Luis Sepulveda s'approche de Marcel Bloom et lui dit quelque chose... Les objets défilent... Au fond de la salle Bellaud fait un signe de la main à Patrick Curran ! Derrière le commissaire-priseur, un grand tableau représente une jeune femme la tête couronnée de lauriers. Peu de personnes enchérissent, pour l'essentiel, le public est fait de badauds, Jacques De Groeneve d'Ichy semble chercher quelqu'un ! Les enchères sont molles... Des hommes entrent et sortent inépuisablement - Thérèse Aragorn signe un chèque.


   Le sens du devoir  0 commentaire
[10/07/2008 18:30]

Mon professeur était un jeune homme à peine plus âgé que moi…

La rédaction, Valérie par Valérie

Aucun rapport entre le contenu de son devoir et les commentaires du professeur Eckhart, Leonardo Ernaux ose à peine penser qu'il pourrait s'agir d'un répondeur automatique... Et pourtant! Prend ses études très au sérieux. Leonardo Ernaux a relu plusieurs fois son travail et ses commentaires, il ne comprend pas ce qui pourrait les réunir... Ne comprend pas ce que cela peut signifier - pourquoi payer si c'est pour être traité d'une façon aussi insolite? Si ça c'est de la philosophie, alors Leonardo Ernaux refuse de s'intéresser à la philosophie - Leonardo Ernaux a l'impression que ce professeur Eckhart est ironique, "rien n'est plus atroce que la brute": trouver une telle affirmation dans un corrigé n'est pas facile à accepter. Leonardo Ernaux a beaucoup de mal à accepter qu'un travail qui lui a pris une semaine de sa vie puisse recevoir comme seul commentaire: "les brutes peuvent troubler le génie". Ne voit aucune relation entre le travail qu'il a produit et les commentaires qu'il reçoit comme corrigé. Monsieur Eckhart a écrit: "l'histoire est un cauchemar dont on essaie de s'éveiller - les meilleures brutes sont les moins probables". Le texte que lit Leonardo Ernaux semble venir d'un cerveau divagant - une autre hypothèse serait que Leonardo Ernaux serait borné mais comment l'être à ce point: Leonardo Ernaux est un étudiant sérieux qui a choisi une université sérieuse. Relit pour la troisième fois les commentaires qui tiennent lieu de corrigé à son travail, Leonardo Ernaux ne comprend pas... Ce cours n'est pourtant pas un cours d'éthique, n'a pas assez le sens de l'humour pour soupçonner une erreur ou une plaisanterie - prend son travail à coeur, payer aussi cher pour de telles insanités est imbécile, Leonardo Ernaux décide de porter plainte: les universités virtuelles sont trop chères pour accepter des cours de mauvaise qualité. Leonardo Ernaux hésite entre fureur et indignation...


   Comment faire?  0 commentaire
[05/07/2008 10:44]

Ah! pensa-t-il, il faudrait être partout à la fois.

Jean-Paul Sartre, Le Sursis

Comment faire croire ce qu'on ne croit pas - car le passé est encombré de secrets troubles à partager,  il y a des romans que personne ne sait raconter - les événements s'enchaînent,  rien n'est encore bien clair! Pourtant n'importe quoi peut arriver et d'une manière ou d'une autre, c'est toujours ce qui arrive: chacun joue chaque rôle mais le réel dépasse ce qui est imaginable, donc les détails n'ont pas d'importance en eux-mêmes. Puisque tout choix instantané est difficile, d’ailleurs car les choses en sont là -, enfin la scène manque de netteté; ainsi on ne sait jamais rien sur personne parfois on sait qu'on ne sait rien… en effet la vérité n'est parfois qu'une illusion, n'est-ce pas, tout est si imprévisible dans les affaires humaines; quelquefois le récit défile de façon mécanique ; parce que il n'y a pas d'unité dans une vie humaine... Quoique sait-on jamais comment les choses tournent... Outre qu'il est apaisant de voir qu'il existe des âmes qui restent toujours égales à elles-même; peut-être que toute vie est faite d'instants divers, d'espoirs contradictoires; puisque toute vie n'est rien de plus que la somme de petits aléas.  le besoin humain de raconter des histoires est stupéfiant. Certes quel malheur que la réalité humaine; le sens des choses n'est jamais facile qui échappe à toute lecture.


   Informations  0 commentaire
[28/06/2008 11:31]

Non, je ne me tairai pas.

Jean Anouilh, Antigone

Après le disque du jour, les informations, voici nos informations du soir: chers auditeurs, la journée a été dure... Radio Gâtine, la radio qui vous informe 24 heures sur 24. Tous ces événements sont assez sombres pour que nous jugions utile d'en parler à nos auditeurs : la police est sur les dents! Madame la comtesse Pandolfini constate la disparition de son chien Elsie! Eckhart, de Jacqueville, affirme que la route devant chez lui n'est jamais entretenue! Harry Blanche s'englue dans la douleur... Les incidents se multiplient; à Fontainebleau, Geneviève Patrimonio nous signale qu'il y a souvent du retard dans la distribution du courrier, il lui semble même qu'il a de plus en plus ! Sanchez a perdu son parapluie - Steering a été menacé par un dobermann qui a failli le mordre - la banalité du sujet n'enlève rien à l'intérêt du récit! M. Cottard: "avec le gouvernement actuel, c'est pas étonnant... Rien qu'une bande d'incapables..." La mobilisation est générale: Mme Elena Elytis se plaint de recevoir toutes les heures des messages anonymes étranges. Elytis signale avoir été éveillée par l'explosion de pétards placés dans sa boîte-aux lettres ; il faut être épais pour ne pas savoir que la vie peut être perturbée à tout moment, sans raison... La police appelle à la vigilance. En dernière minute, nous apprenons que Mme Elytis fait ses valises. Radio Gâtine, l'information vingt-quatre heures sur vingt-quatre, radio Gâtine, la radio qui est faites par vous et pour vous...


   Du roman  0 commentaire
[25/06/2008 16:35]

Je me demande comment, par exemple.

Paul Géraldy, Aimer

Quoi qu'il prétende, tout roman est arbitraire, il n'y a pas de cohérence dans un roman, - et c'est ce qui fait sa force - il parle n'importe comment de n'importe quoi. Le propos du roman est toujours sommaire, quelques sentiments, un récit... Le roman est un jeu d'adresse - les hommes veulent qu'on leur raconte des histoires... Quelle que soit la manière dont les faits sont présentés, l'essentiel échappe à la narration - écrire n'est pas une nécessité - le roman bien employé peut révéler les endroits les plus secrets de la vie... Le roman, on ne sait jamais où il va ; ce sont les gens dans les livres qui devraient imaginer nos histoires, les hommes imaginent l'authentique histoire à l'intérieur des mots... Le roman avance dans l'entrecroisement des citations véritables ou secrètes... Le réel pénètre en l'homme par ses yeux, mais il n'y comprend rien tant qu'il n'a pas pénétré sa langue ; quelle que soit la manière dont les faits sont présentés, l'essentiel échappe à la narration... Le roman doit faire tenir ensembles des faits contradictoires ! L'écriture est une méthode de réflexion, un moyen de comprendre l'univers et d'y trouver sa place... Les romans ne sont écrits qu'avec des trous que les lecteurs comblent parfois : tout lieu décrit est frappé d'irréalité ; il y a un  dehors du roman, affirmé comme un réel : un monde où se passe autre chose que la mise en écrit de la mémoire. Tout est vrai dans un roman, parce qu'un auteur n'invente rien ! La cohérence du roman vient de l'acceptation de son incohérence - personne ne veut faire partie d'une fiction... De quel monde le roman doit-il parler ? On ne peut pas reconstituer une réalité à la façon d'un puzzle... Le roman ne donne pas de leçons...


   Message  0 commentaire
[24/06/2008 9:49]

L'obscurité complète finissait pourtant par venir.

Marcel Proust, La fugitive

Le jeudi 10 août. Sur son ordinateur, Benato voit apparaître quantité de fichiers inaccoutumés portant des messages identiques à :

...est un pressentiment en puissance : son frère la considère de temps en temps comme une rivale: Madame Dedalus a beaucoup d'ennemis mais ne veut pas le savoir - vit sans bien savoir ce que c'est que vivre - ses recherches sexuelles font du dégât, elle ne s'occupe plus de son enfant, à trente ans Madame Dedalus est déjà mariée depuis dix ans et elle vit mal cette situation. Johanna Dedalus s'est autrefois égarée dans des causes trop incontrôlables pour elle. Johanna Dedalus a vraisemblablement beaucoup d'ennemis mais ne veut pas le savoir, elle 1100000|v_être] [151#] [=1|a_doué] [0904100|v_vivre] [38#] [12|m_monde] [=1|a_réel][dis-point] [caract9] [thl-métaphy-02] [caract9] [caract9] [caract9] [caract9] [caract9] [caract9] [caract9] [caract9] [caract9]...

[thl-SBenato-02].


   Buzz  0 commentaire
[18/06/2008 14:48]

Je ne m'étais pas rendu compte avant combien il se passe de choses tout le temps, et les gens le savent, ça se voit dans leurs yeux…

Jack Kerouac, Les souterrains

On se demande bien ce que fait la police - Albertine Mollet ne serait pas compétente: Diverses personnes seraient sur le point de quitter le Gâtinais et de vendre leurs maisons - Steering aurait dit à Elytis que Ulf Tinel d'Echouboulains lui aurait présenté une preuve de la culpabilité d'Alexandra Jardin; à quoi servirait d'échapper au destin? La région serait envahie de motos, les forêts autour de Sorgues seraient surchargées de junkies, de drogués, de désaxés de toutes sortes - un corbeau menacerait de nombreux habitants de la région: personne ne peut imaginer le nombre de présages qui voient quotidiennement le jour dans le Gâtinais... Même les chiens ne dormiraient plus; un fils de Max Aub aurait dit à quelqu'un quelque part qu'il y avait quelque chose de surprenant dans le comportement de Pierre Charles La Roquebrou: Quelque chose manquerait là à la fois dans le temps et dans l'espace... La gendarmerie serait sur le point d'arrêter Louison Rosa: Ostapenko et Clairwill auraient été vus ensembles du côté d'Isles-sur-Lunain: Personne ne peut jamais se passer tout à fait des autres: toutes sortes de rumeurs courent en tous sens dans le Gâtinais, les récoltes seraient mauvaises - René Ramboule coucherait avec Aragorn. On aurait vu passer quelqu'un par la fenêtre de Paco Sterne. Avec un fusil on aurait vu Jacopo Rousso traverser Thomery sur une moto - depuis longtemps des personnes dignes de foi affirmeraient que Urbain Guittard de Floriban fait des affaires louches avec Thomas... Léonce Daviot de Rémauville ne parlerait plus à John Camus de Champagne, un supporter aurait donné un coup de couteau à un arbitre…


   Délire  0 commentaire
[15/06/2008 15:42]

Le ciel faisait ses arrangements à lui sans s'occuper de nous.

Ramuz Charles-Ferdinand, La grande peur dans la montagne

Son antipathie se courrouce devant les gueules des jeunes femmes - sa bouche et son faciès sont couverts d'écume, les gens sont des choses: Voit Bressac, Steering et Pierre Charles La Roquebrou portant un bonnet phrygien - récuse inutilement l'image d'une poupée sanglante qui lui ressemble - Sinouls lui sourit: Voit Wilfrid d’Eurymédon et Sinouls, une grosse pierre pèse sur sa poitrine. Vole des mésanges aux fenêtres de la nuit, des batailles de mâtins s'inventent dans les feuilles, là ou ailleurs. Juste - il a déjà rêvé quelque chose de ce genre: Des Harpies fondent sur lui... Le rêve submerge la conscience... Le souvenir rôde sur les chênaies, l'espace s'envahit contre la nonchalance: Rien ne va plus... Il est dans une pièce tendue de noir; ornée d'ossements, de têtes de cadavres: hurle "Sinouls", "Sinouls": dans l'établissement, Sinouls désigne des buissons merveilleux; mange une part de tarte aux pommes: Un chat traverse une rue comme s'il craignait d'être aperçu: Dans son rêve tout ça est naturel...


   Batailles de chiens  0 commentaire
[14/06/2008 12:05]

Il y a des œuvres énormes qui ne sont pas classiques du tout.

André Gide, Incidences

Surnomme les méfaits de l'agitation, jette un coup d'oeil dans un miroir où des albatros regardent la couleur de la minute; se compose un alcool violent de la solitude... Les gens sont des choses et toutes les choses deviennent des gens: une clarté modifie la façon dont les sons s'allongent et se présentent dans la nuit - le mot "guillotine" demeure suspendu dans l'air... Aragorn semble tranquille, il faut admettre que les rêves pèsent: dissimule Claude Gregorovius aux yeux de Marco Reid: La mélancolie traîne sur les bosquets; les rêves peuvent peser d'un gros poids sur les âmes: Les luzernes sont gorgées orageuses - des batailles de chien-loups s'inventent dans les frondaisons. Découvre l'appel de la mort: Le monde s'envahit contre l'indolence, voit Norpois qui ouvre la porte d'une église. Le rêve submerge la conscience... Entend dans le lointain une voix crier le nom "Nonville"... Précisément: C'est le rival des revenants, il y a une vieille femme qui sent le brugnon ou la prune; Aragorn semble vouloir tuer Sanchez avec fureur. Délire... Dans son rêve tout ça est naturel...


   Rêve et cauchemar  0 commentaire
[11/06/2008 10:49]

Il dissipe le jour

Il montre aux hommes les images déliées de l'apparence

Paul Éluard, Capitale de la douleur

Wilfrid a rêvé de Wilfrid... Au réveil, il a le cerveau plein des confusions de son rêve - accepte les danses souveraines et érotiques des prisonnières - voit Bumstead et Ganançay - crée l'appel de la mort - des combats de dobermans s'inventent dans les feuilles... Pille des oiseaux aux fenêtres de la nuit, là ou ailleurs. Une petite fille toise sa mère tout en buvant un verre d'eau: précisément. Un tourbillon d'ondes se met à danser sur les murs. Perçoit dans le lointain une voix crier le nom "Nonville" ou "Obsonville", ne sait plus - on lui brise bras et jambes on lui fracasse le dos; dans la fabrique, Wilfrid présente des buissons étonnants. Wilfrid semble très serein - un gendarme met en place la lèvre des clovisses... Le rêve submerge la conscience... Il doit admettre que ses rêves pèsent: défie les miasmes des falsifications - sa bouche et son faciès sont couverts d'écume: Contemple Nathan, se défend contre mille papillons de papier. Tout s'arrête, il a déjà rêvé quelque chose de ce genre.


   Prétextes  0 commentaire
[09/06/2008 14:21]

On est là, l'œil inquiet, l'échine arquée, des déjections de suie plein la figure.

Jean-Michel Espitallier, Ponts de frappe

 

A voulu croire un temps que c'était son épouse qu'il ne supportait pas, mais une brève expérience avec Gwendoline Raisson lui a démontré son erreur... Cette attitude crée une impression de péril... Ahmed Blanche n'a pourtant aucune envie de tromper sa femme: Les brefs moments joyeux de son réel présent ne sont que de vagues souvenirs de ses bonheurs d’autrefois: S'habille mal pour éviter toute séduction... Fulvie Blanche ne comprend pas le plaisir qu'il peut y avoir dans le frottement de deux corps: n'aime pas son époux; se prend parfois à rêver qu'une maladie prive son mari de tout désir; a parfois des désirs de meurtre, Fulvie fait pourtant des cauchemars érotiques dans lesquels elle prend son plaisir avec un inconnu, sous n'importe quel prétexte elle se couche de plus en plus tard dans l'espoir que son époux se soit endormi - l'odeur du corps de son mari lui répugne, se dit qu'elle n'est plus heureuse, quand Blanche l'oblige à coucher avec elle, Fulvie Blanche donnerait n'importe quoi pour être débarassée de lui, Fulvie Blanche a une nostalgie tyranique de son enfance de l'innocence et de la plénitude qu'il y avait en elle - si il n'avait pas de corps, Fulvie l'aimerait sans doute davantage... Fulvie Blanche donnerait n'importe quoi pour que son mari l'ignore: Fulvie Blanche ne croit pas en l'amour depuis qu'elle sait ce que l'amour exige: Déteste ce corps qui pénètre en elle. Fulvie Blanche est frigide. Fulvie ne veut pas qu'il la désire; rêve à un monde de purs esprits... Fulvie Blanche n'est pas assurée que ce soit important, Fulvie Blanche vit dans une impression continue de culpabilité...


   Ce que pourrait faire un roman  0 commentaire
[06/06/2008 14:15]

A ce moment, l'accusé fut introduit.

Anataloe France, Les dieux ont soif

Ce roman aurait pu commencer de cette façon: Mme Elena Elytis proposerait une citation: "Est-il possible d'écrire un roman qui se termine à tout moment, dont chaque unité le mène à son terme, à un terme possible?" et ce personnage sent que cette citation est très essentielle mais ne sait plus très bien pourquoi... Ce personnage se demande ce qu'il fait là et pourquoi cette citation plutôt qu'une autre; il se demande alors aussi de quel auteur elle peut bien être: toute lecture n'est qu'un jeu qui se joue entre l'idée de l'écrivain, celle du lecteur et la résistance des personnages: quelque chose comme un labyrinthe à parcourir; il en a toujours été ainsi -

qui est l'auteur de quoi? Qui a écrit: "Il était tard pour rentrer à Champigny"? Et pourquoi - pour qui - est-ce important

un écrivain n'a qu'un nombre limité de choses à dire. Le seul lieu où l'individu existe est sa propre tête - tout est possible, et rien ne l'est ; tout est permis; quelle que soit la direction choisie, elle ne vaudra pas mieux que les autres. Ecrire un roman n'est qu'un jeu, le savoir c'est ce que nous savons;

lire, jouer... Etre...


   Se souvenir de tout  0 commentaire
[23/05/2008 9:37]

La tache de sang dépoint à l'horizon de ci.

Saint-Pol-Roux, De la colombe au corbeau par le paon

Il ne faudrait pas que les choses se compliquent, comment cet auteur de messages anonymes sait-il qu'il a soigné, en 1991, un chasseur blessé? Peut-être un malade mécontent ou le parent d'un malade décédé... Ces courriers commencent à perturber son équilibre de vie: mais alors... Et aujourd'hui le corbeau le menace d'envoyer ses courriers au journal local... Un fou, ce ne peuvent être que des actes de fou... Il trouve que ça commence à bien faire... Winston n'est pas très persuadé que toute sa vie ait été toujours irréprochable - Othon Winston n'a pas non plus envie que Clairwill sache qu'il se comporte avec Clairwill comme avec elle! Othon Winston craint un peu l'ordre des médecins, les mails qu'il reçoit sont haineux... Se demande ce qu'il doit faire. Si cette publication ne prouvait pas une fouille méticuleuse de son passé, l'envoi par internet d'une lettre d'amour de son adolescence, l'aurait fait sourire... N'arrive plus à penser à autre chose; il y a bien eu aussi quelques petits avortements: n'a aucune envie d'essayer de refaire son réel ailleurs... N'ose pas aller à la gendarmerie; qui n'a pas quelque chose à se reprocher? Il ne comprend pas qui peut le détester à ce point... Il pense un moment à Paco Sterne: ne se connaît pas d'amis assez sûrs pour pouvoir parler de tout cela, Othon s'efforce de se souvenir de tout ce qui lui a paru suspect les jours précédents: ça fait désormais trop longtemps que ça dure.


   Albertine Mollet  0 commentaire
[22/05/2008 14:07]

Un monde sous le monde le tord.

Emmanuel Tugny, Corbière le crevant

Le jour est empli de nuit... Albertine Mollet est à la limite de l'inquiétude: l'ombre bleue des nuages file au loin. Essaie de réfléchir même s'il y a des circonstances où ce n'est pas facile! Se sent frêle: n'a pas envie; les rares splendeurs se dissolvent; l'orage se déchaîne, a le sentiment d'être passée à côté de quantités de choses... Albertine n'ose pas se confier à son mari car elle sait qu'il considérera qu'elle se raconte des histoires: essaie de se souvenir de ce que lui a dit Marc Hodges la dernière fois qu'elle l'a vu: est morte de frayeur, elle craint pour la vie de son enfant: Albertine craint que quelqu'un puisse lire dans ses pensées - Albertine Mollet aimerait bien, malgré tout, que quelqu'un lui dise ce qu'elle doit faire: appeler la police ou se taire - Albertine Mollet est comme paralysée: la chaleur est effrayante; une fois encore Albertine Mollet n'a pas réglé autour d’elle la disposition des choses, Albertine Mollet pense qu'elle ne veut pas mourir - Albertine craint que ce ne soit l'aide qu'elle a autrefois apportée à un groupuscule révolutionnaire qui revienne à la surface, le temps lui paraît s'être contracté: de toutes façons il est trop tard, Albertine Mollet n'a pas l'habitude de situations pareilles...


   Absurdité du texte  0 commentaire