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Blog mis à jour: 21/11/2008 14:06

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   Bavardage radio  0 commentaire
[26/09/2008 9:24]

Adrienne descendit la rue sans rencontrer personne.

Julien Green, Adrienne Mesurat

Pendant plusieurs jours, son ordinateur est soumis à un bombardement intense de textes :

...Equus Eroticus Omar n'a pas pour sa femme beaucoup d'admiration. Après le disque du jour, les informations! Irène Garp a encore eu un accident de voiture... , quand elle est à Rumont, habite la maison de son père! Dominique Gregorovius n'a plus pour souvenir de ses parents que des photos et quelques fleurs! S'exaspère radio Gâtine, c'est radio Gâtine qui vous parle - chers auditeurs, le jour a été dur! La mendicité est incompatible avec le gouvernement populaire Ahmed Blanche a l'impression de comprendre toujours trop tard, après les autres, d’avoir passé sa vie sans la vivre. Ici Jean-Paul Amette de radio Gâtine: et désormais nos informations... Il collectionne les portraits, n'importe lesquels, sa maison en est pleine. Comme tout est difficile monsieur le professeur Eckhart doit prendre conscience de la réalité... Et l'agitation méticuleuse des pigeons radio Gâtine à votre service: les feuilles sont pleines de regards voici nos informations de la journée; Blanche préfère supposer son lecteur intelligent... Le ciel se fait dans le bleu...

or Théobald Benato sent qu'au-delà du trouble de surface des textes il doit y avoir là quelques signes secrets.





   moment d'amour  0 commentaire
[15/08/2008 6:56]

Une conscience troublée par le désir ne peut se libérer.

Marc de Smet, Paroles de Bouddha

le soleil était
un vrai soleil nous
nous aimions langue à langue elle
mouillait
philosophie de la chatte ouverture
des lèvres main dans le slip les
insectes des sens
grouillaient sa main fouillait entre
mes cuisses je la pénétrais
bouche à bouche
vols de mains et de membres sur
les contrées des corps elle
bouffffait ses doigts
dilatation du temps elle
s’étalait





   Trop de sentinelles veillent  0 commentaire
[23/04/2008 15:05]

Qu'est-ce que j'ai qui ne va pas?… a-t-elle demandé.

Philippe Djian, Sotos

Date : wed 16 august 2009 17:00:00 + 0010
From : hech-kim@nemo-online.com
To: Steering@gatinais.com
Subject : la mort n'a jamais raison de la mort.

tu me dois des comptes, Steering, l'oeil de dieu est sur toi. Le passé résiste au présent. L'oeil de dieu est sur toi. Je connais ton effroi tu paieras ce que tu dois! Vengeance: ne te fais pas d'illusions, c'est moi qui mène le jeu: Steering... Je connais ta conduite! Il n'y a plus rien à faire - vengeance... Ma rage te poursuivra sans fin! Le passé reste plus réel que le présent;  tous mes écrits sont pleins d'indices; ma rage te poursuivra sans cesse! J'ai établi sur toi des sentinelles, sois attentif, Steering, interroge-toi sur tes origines. Regarde "http:www.Steering.org".

la pluie tarde à tomber.

nicto





   Rachel et Norpois font l'amour  0 commentaire
[17/03/2008 13:29]

Nous faisions comme si cette rencontre qui eut lieu après une longue absence était décisive.

Issa Makhlour, Mirages

Rachel Charlus sent dans son ventre un désir puissant, une excitation vive, elle peut vaincre, elle a le désir de mordre dans ce grand corps voluptueux, d'entendre la voix sensuelle de Norpois gémir de plaisir! Rachel sent l'homme qui la pénètre, sent son sexe se mouiller par petites giclées nerveuses et chaudes: elle a la sensation de tomber, de fondre. Rachel n'en a jamais fini avec l'amour: il y a sur eux une odeur de gibier! Rachel aspire l'homme en elle avec un plaisir de plus en plus grand. Un homme aux muscles d'acier. Elle sent ses seins qui se gonflent — elle a les seins qui tombent. Norpois la tient ferme: Rachel Charlus garde la mémoire de tous ceux qui l'ont possédée. Elle dit: "c'est bon!" Norpois aime l'odeur de son conin. Rien n'existe plus entre eux qui ne peut être dit avec les doigts, le sexe, les jambes et l'odeur des corps... Norpois se pénètre de l'odeur de la femme - elle a envie de fondre dans sa bouche sensuelle. Dans son sommeil, Madame Charlus imagine qu'elle fait l'amour: "Nunca he venido tan fuerte..." elle est chaude entre les cuisses - Rachel Charlus prend son pied, frissonne de peur et de joie...


   Adjudications  0 commentaire
[28/01/2008 14:50]

Les mouettes sur les toits. Et les antennes.

Et les avions qui passent.

Sarah Kéryna, rappel

Une jeune femme raffinée traverse la salle... Eekhoud frappe de son marteau son bureau de bois: "adjugé!" Jan Eekhoud offre une pile de livres, prend celui du dessus dont il lit le titre: "De la force du gouvernement actuel de la France et de la nécessité de s'y rallier" de Benjamin Constant. Jan Eekhoud propose au public un petit cercueil de bois noir sur lequel est gravé "Il faut placer le glaive à côté de l'abus". Jan Eekhoud a pris beaucoup de plaisir à rechercher toutes ces curiosités - il fait très chaud: sur la tribune des employés s'activent, rangeant ou déplaçant divers objets, Jan Eekhoud annonce "une montre-gousset "décadaire" datant de 1793 ; un des cadrans indique les dix jours de la semaine" - un employé passe entre les rangs tenant à la main un objet. Les objets défilent: beaucoup des personnes présentes semblent se connaître... Eekhoud expose un petit tableau posé à côté de lui qu'il donne pour être "Thiersanville sous la révolution". Sir John Tarrou signe un chèque. Jan Eekhoud présente un objet après l'autre! Jan Eekhoud s'amuse: "chaque objet contient un morceau de notre passé..." Cindy Stillman s'est discrètement installée dans un coin...


   Le poète aveugle n° 111  0 commentaire
[16/08/2007 8:17]
une minute une minute sans plus parce
que l'homme peut accepter sa mort
non son heure une petite minute de
silence parce que la nuit se remplit
de cailloux minute de silence pour
la douceur des choses rien qu'une
minute de silence une minute pour
les matins de printemps une minute
pour la moiteur des chairs pour qui
triomphe des orages une minute pour
la liberté de vivre rien qu'une petite
minute de silence une minute
pour les promenades sur les rivages ventés
de bords de mers inaccessibles où les
vagues déposent leurs tas d'immondices
une minute de silence parce que la
poésie se révolte sans plus une
minute pour la liberté d’être et de penser


   I silenzi di Pedro Paramo  0 commentaire
[19/07/2007 7:27]
non è perché non ha niente da dire che non dice nulla
del resto non dice che non ha niente da dire
non più di quanto non dice nient’altro
dice né questo né niente e non é nulla
di non dire niente così non gli dice niente di più che
questo che del resto che non dice neanche altro
lascia dire non è vero e già questo va bene
così niente da dire non ha niente da dirci niente
è la sua vita almeno è quello che lui si dice quando
si dice qualcosa a se stesso poiché
per il resto niente non gli dice niente di più
vive negli interstizi dei dire e dei niente
come altri straripano dal niente e dal dire nonostante
questo vive e non è nulla anche se non ha nulla da dirci

   La bonne fille  0 commentaire
[17/07/2007 18:31]
marche à reculons ne veut pas voir la mort en face sait qu’elle
est là la suit ne la lâche pas d’un pas ne veut pas surtout pas la
voir en face avec son regard vert-gris de Méduse son odeur
de sexe de femme de forêt d’automne grosse de champignons
ses grimaces dans son dos l’ironie de ses bouffées de rires sa
silhouette ordinaire ordinaire de femme ordinaire ses bruits
de vieille voiture poussive de temps qui passe entraînant
les banalités ordinaires des jours ordinaires comme
l’obligation de faire la vaisselle balayer la poussière
des pièces nettoyer les vitres encore nettoyer les vitres encore
épousseter les meubles ou regarder les hommes passant
sous ses fenêtres les uns après les autres les uns après
les autres dans leurs odeurs d’eau de cologne tabac sueur
bouches mal lavées cheveux gras ou gominés ou autres
encore comme envie jalousie stupre colère aussi
marche à reculons ne veut pas ne veut pas voir la mort en face

   NARAYAN SURVE  0 commentaire
[21/06/2007 21:56]
aujourd'hui…

me reste une chemise
que, tantôt toi, tantôt moi,
nous portions
quand nous étions au chômage
nous nous aidions
j'ai encore la vieille lampe à pétrole
pour adoucir la vie
nos mots tissaient
notre monde dans sa lumière…

quelques lettres, un cahier
de tes poèmes
que tu devais me dédicacer !

- tous ces souvenirs…
puis cette lettre quand tu as quitté l'Inde
tu as écrit : me voilà enfin en Europe
nous allons vers Madrid,
tu sais, je vois partout l'Inde autour de moi
même si elle et moi nous nous sommes quittés…

aujourd'hui tu n'es plus là
ni ta lettre
restent… quelques poèmes et cette lampe
qui éclairait notre vie.


   Natacha Strijevskaia  0 commentaire
[13/06/2007 6:51]
Ombre du silence : grillon… le temps s'est couvert de cals
Impossible de retrouver tilleuls
Ou épaules d'autrefois. Comme les mains sont devenues rugueuses,
Le regard lourdaud, la parole grippée,
Comme les rues sont étriquées, les vestes courtes,
Les ruelles ont pris de l'ampleur.
L'abat-jour jaunit, les ombres sont clairsemées,
Le rouge aux joues s'est éteint, le soir est amorphe,
Le vent devenu atone, les mèches se font rares.
Comme s'aiguisent pommettes et angles,
Voix enrouée, portes bancales,
Cour décrépite, enfants grandis.
Le silence se ternit, les murs se resserrent,
Impasses couverts de duvet d'érable.
Impossible de retrouver tilleuls ou épaules d'autrefois,
Les fenêtres ne se ressemblent plus, le froid est rauque.
Pas de maison, le temps est devenu rugueux,
Mais chante, chante le grillon.


   Le triomphe du temps  0 commentaire
[25/03/2007 9:59]
compte parfois jusqu’à cinq parfois plus
rarement ne sait pourquoi mais cinq lui est un bon nombre
mieux que quatre et beaucoup plus que six d’ailleurs a ses doigts
pour ça ceux des mains des pieds et tous ceux qu’elle a dans sa tête
quand elle se trompe recommence frappe dans ses mains
compte sur ses doigts compte et recompte encore et encore
elle en a besoin elle en est sûre sûre d’avoir besoin de
compter de savoir compter au moins au moins jusqu’à cinq
sûre de ça et ce n’est pas rien cette certitude au milieu
de tant de choses qui la dépassent la perturbent
l’inquiètent au milieu de son incertitude d’être
de ce monde qui va trop vite bouge sans cesse en tous sens
elle compte recompte encore encore et encore pour
s’enfouir dans l’édredon de cette certitude comme si
tout cela un jour ou l’autre ne devait pas un jour finir

   Il piccolo diavolo rosso  0 commentaire
[27/02/2007 6:49]
Alessandro se passionne d’abord pour la littérature lit dévore
puis trouve que le football ne manque pas de charme puis
le tennis la course à pied la musique mongole ouzbèque
l’opéra l’opéra en effet mais il y a tant d’autres choses encore
l’instant d’après c’est la natation la natation la natation
ou le vélo les rêveries devant les paysages les promenades
en forêt l’archéologie la science et son histoire l’histoire et
l’histoire des sciences la science de l’histoire la religion
le problème de dieu l’occupe en effet un instant puis de l’un
passe aux multiples à l’histoire des religions puis au golf
au théâtre cinéma danse visite de musées histoire de l’art
philosophie psychanalyse mathématiques psychologie
alors tombe le couperet du soir et se retourne sur sa journée
se dit que rien n’a eu lieu sinon l’essoufflement de
sa course d’une recherche à l’autre d’un emballement
de l’esprit à l’autre que rien n’est dit ni épuisé tout encore
reste à découvrir et maintenant c’est la nuit qui tombe la
nuit qui tombe sans remords possibles la nuit sa nuit qui tombe

   Alexandro Farnese  0 commentaire
[07/02/2007 5:29]
commence par regarder s’arrête puis ferme les yeux
imagine se dit que ce n’est pas possible que ce soit ainsi
qu’il a vu ce qu’il a vu préfère croire le monde que le voir
rouvre les yeux regarde à nouveau n’y croit pas ça va pas
comme ça ça va pas question de patience d’apprivoisement
de surprise de peur ne sait pas ne sait pas n’a jamais
su rester les yeux ouverts commence par regarder mais
ça ne dure pas ne peut pas durer ses regards le blessent
le monde est trop différent fait un pas s’arrête ouvre un œil le
ferme ne veut pas voir ce qu’il ne peut pas ne pas voir ne
veut pas voir ça et le reste se dit qu’il rêve ou cauchemarde
que tous ces mouvements browniens ce chaos ces fatras
de choses et d’autres de regards perdus sourires niais
papiers gras visages usés ça ne peut pas être le monde
que ça ne peut être qu’une erreur une supercherie rien
ou tout c’est selon ferme les yeux met de la couleur des
parfums dans sa tête respire s’arrête s’arrête ferme les yeux
les ouvre les ouvre les ouvre et ça suffit comme ça
ça suffit comme ça ça lui suffit comme ça comme ça

   Le pirate coupable  0 commentaire
[04/02/2007 6:50]
c’est un pirate il a l’âge de ses haines bandeau noir sur l’œil jambe
de bois sabre d’acier courbe sanglant chiques et chicots en bouche
et vociférations un pirate cruel sans pitié un monstre
d’indifférence d’égoïsme tout tombe autour de lui amour haine
justice injustice pitié bonheur violence comme pluie de concepts
rage d’être pas d’humanité n’en finit pas d’abattre des têtes
et des mots tailler dans le vif de la chair et des langues
mordre cracher trancher couper vivre au jour le jour ses nuits et
ses crépuscules et ses exécrations des aubes et des jours rêve
de gibets haute vergue cabestan mât d’artimon ornés
de squelettes balançant aux vents tropicaux la cruauté est son idéal
horreur des sentiments de leur épaisse soupe tiédasse est
au-delà atroce autre dur cruel féroce impitoyable
la peur est son outil son évangile son coran sa bible son
kama-soutra tue à la va-vite comme il aime si peu d’ailleurs
pas le temps trop de rages à satisfaire pas le temps pas
vraiment le temps entre mômes métro télé boulot dans son
coursier des routes c’est à la hussarde qu’il trousse la ville

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