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Adrienne descendit la rue sans rencontrer personne.
Julien Green, Adrienne Mesurat
Pendant plusieurs jours, son ordinateur est soumis à un bombardement intense de textes :
...Equus Eroticus Omar n'a pas pour sa femme beaucoup d'admiration. Après le disque du jour, les informations! Irène Garp a encore eu un accident de voiture... , quand elle est à Rumont, habite la maison de son père! Dominique Gregorovius n'a plus pour souvenir de ses parents que des photos et quelques fleurs! S'exaspère radio Gâtine, c'est radio Gâtine qui vous parle - chers auditeurs, le jour a été dur! La mendicité est incompatible avec le gouvernement populaire Ahmed Blanche a l'impression de comprendre toujours trop tard, après les autres, d’avoir passé sa vie sans la vivre. Ici Jean-Paul Amette de radio Gâtine: et désormais nos informations... Il collectionne les portraits, n'importe lesquels, sa maison en est pleine. Comme tout est difficile monsieur le professeur Eckhart doit prendre conscience de la réalité... Et l'agitation méticuleuse des pigeons radio Gâtine à votre service: les feuilles sont pleines de regards voici nos informations de la journée; Blanche préfère supposer son lecteur intelligent... Le ciel se fait dans le bleu...
or Théobald Benato sent qu'au-delà du trouble de surface des textes il doit y avoir là quelques signes secrets.
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Une conscience troublée par le désir ne peut se libérer.
Marc de Smet, Paroles de Bouddha
le soleil était un vrai soleil nous nous aimions langue à langue elle mouillait philosophie de la chatte ouverture des lèvres main dans le slip les insectes des sens grouillaient sa main fouillait entre mes cuisses je la pénétrais bouche à bouche vols de mains et de membres sur les contrées des corps elle bouffffait ses doigts dilatation du temps elle s’étalait
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Qu'est-ce que j'ai qui ne va pas?… a-t-elle demandé.
Philippe Djian, Sotos
Date : wed 16 august 2009 17:00:00 + 0010 From : hech-kim@nemo-online.com To: Steering@gatinais.com Subject : la mort n'a jamais raison de la mort.
tu me dois des comptes, Steering, l'oeil de dieu est sur toi. Le passé résiste au présent. L'oeil de dieu est sur toi. Je connais ton effroi tu paieras ce que tu dois! Vengeance: ne te fais pas d'illusions, c'est moi qui mène le jeu: Steering... Je connais ta conduite! Il n'y a plus rien à faire - vengeance... Ma rage te poursuivra sans fin! Le passé reste plus réel que le présent; tous mes écrits sont pleins d'indices; ma rage te poursuivra sans cesse! J'ai établi sur toi des sentinelles, sois attentif, Steering, interroge-toi sur tes origines. Regarde "http:www.Steering.org".
la pluie tarde à tomber.
nicto
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Nous faisions comme si cette rencontre qui eut lieu après une longue absence était décisive.
Issa Makhlour, Mirages
Rachel Charlus sent dans son ventre un désir puissant, une excitation vive, elle peut vaincre, elle a le désir de mordre dans ce grand corps voluptueux, d'entendre la voix sensuelle de Norpois gémir de plaisir! Rachel sent l'homme qui la pénètre, sent son sexe se mouiller par petites giclées nerveuses et chaudes: elle a la sensation de tomber, de fondre. Rachel n'en a jamais fini avec l'amour: il y a sur eux une odeur de gibier! Rachel aspire l'homme en elle avec un plaisir de plus en plus grand. Un homme aux muscles d'acier. Elle sent ses seins qui se gonflent — elle a les seins qui tombent. Norpois la tient ferme: Rachel Charlus garde la mémoire de tous ceux qui l'ont possédée. Elle dit: "c'est bon!" Norpois aime l'odeur de son conin. Rien n'existe plus entre eux qui ne peut être dit avec les doigts, le sexe, les jambes et l'odeur des corps... Norpois se pénètre de l'odeur de la femme - elle a envie de fondre dans sa bouche sensuelle. Dans son sommeil, Madame Charlus imagine qu'elle fait l'amour: "Nunca he venido tan fuerte..." elle est chaude entre les cuisses - Rachel Charlus prend son pied, frissonne de peur et de joie...
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Les mouettes sur les toits. Et les antennes.
Et les avions qui passent.
Sarah Kéryna, rappel
Une jeune femme raffinée traverse la salle... Eekhoud frappe de son marteau son bureau de bois: "adjugé!" Jan Eekhoud offre une pile de livres, prend celui du dessus dont il lit le titre: "De la force du gouvernement actuel de la France et de la nécessité de s'y rallier" de Benjamin Constant. Jan Eekhoud propose au public un petit cercueil de bois noir sur lequel est gravé "Il faut placer le glaive à côté de l'abus". Jan Eekhoud a pris beaucoup de plaisir à rechercher toutes ces curiosités - il fait très chaud: sur la tribune des employés s'activent, rangeant ou déplaçant divers objets, Jan Eekhoud annonce "une montre-gousset "décadaire" datant de 1793 ; un des cadrans indique les dix jours de la semaine" - un employé passe entre les rangs tenant à la main un objet. Les objets défilent: beaucoup des personnes présentes semblent se connaître... Eekhoud expose un petit tableau posé à côté de lui qu'il donne pour être "Thiersanville sous la révolution". Sir John Tarrou signe un chèque. Jan Eekhoud présente un objet après l'autre! Jan Eekhoud s'amuse: "chaque objet contient un morceau de notre passé..." Cindy Stillman s'est discrètement installée dans un coin...
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une minute une minute sans plus parce que l'homme peut accepter sa mort non son heure une petite minute de silence parce que la nuit se remplit de cailloux minute de silence pour la douceur des choses rien qu'une minute de silence une minute pour les matins de printemps une minute pour la moiteur des chairs pour qui triomphe des orages une minute pour la liberté de vivre rien qu'une petite minute de silence une minute pour les promenades sur les rivages ventés de bords de mers inaccessibles où les vagues déposent leurs tas d'immondices une minute de silence parce que la poésie se révolte sans plus une minute pour la liberté d’être et de penser
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non è perché non ha niente da dire che non dice nulla del resto non dice che non ha niente da dire non più di quanto non dice nient’altro dice né questo né niente e non é nulla di non dire niente così non gli dice niente di più che questo che del resto che non dice neanche altro lascia dire non è vero e già questo va bene così niente da dire non ha niente da dirci niente è la sua vita almeno è quello che lui si dice quando si dice qualcosa a se stesso poiché per il resto niente non gli dice niente di più vive negli interstizi dei dire e dei niente come altri straripano dal niente e dal dire nonostante questo vive e non è nulla anche se non ha nulla da dirci
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marche à reculons ne veut pas voir la mort en face sait qu’elle est là la suit ne la lâche pas d’un pas ne veut pas surtout pas la voir en face avec son regard vert-gris de Méduse son odeur de sexe de femme de forêt d’automne grosse de champignons ses grimaces dans son dos l’ironie de ses bouffées de rires sa silhouette ordinaire ordinaire de femme ordinaire ses bruits de vieille voiture poussive de temps qui passe entraînant les banalités ordinaires des jours ordinaires comme l’obligation de faire la vaisselle balayer la poussière des pièces nettoyer les vitres encore nettoyer les vitres encore épousseter les meubles ou regarder les hommes passant sous ses fenêtres les uns après les autres les uns après les autres dans leurs odeurs d’eau de cologne tabac sueur bouches mal lavées cheveux gras ou gominés ou autres encore comme envie jalousie stupre colère aussi marche à reculons ne veut pas ne veut pas voir la mort en face
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aujourd'hui…
me reste une chemise que, tantôt toi, tantôt moi, nous portions quand nous étions au chômage nous nous aidions j'ai encore la vieille lampe à pétrole pour adoucir la vie nos mots tissaient notre monde dans sa lumière…
quelques lettres, un cahier de tes poèmes que tu devais me dédicacer !
- tous ces souvenirs… puis cette lettre quand tu as quitté l'Inde tu as écrit : me voilà enfin en Europe nous allons vers Madrid, tu sais, je vois partout l'Inde autour de moi même si elle et moi nous nous sommes quittés…
aujourd'hui tu n'es plus là ni ta lettre restent… quelques poèmes et cette lampe qui éclairait notre vie.
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Ombre du silence : grillon… le temps s'est couvert de cals Impossible de retrouver tilleuls Ou épaules d'autrefois. Comme les mains sont devenues rugueuses, Le regard lourdaud, la parole grippée, Comme les rues sont étriquées, les vestes courtes, Les ruelles ont pris de l'ampleur. L'abat-jour jaunit, les ombres sont clairsemées, Le rouge aux joues s'est éteint, le soir est amorphe, Le vent devenu atone, les mèches se font rares. Comme s'aiguisent pommettes et angles, Voix enrouée, portes bancales, Cour décrépite, enfants grandis. Le silence se ternit, les murs se resserrent, Impasses couverts de duvet d'érable. Impossible de retrouver tilleuls ou épaules d'autrefois, Les fenêtres ne se ressemblent plus, le froid est rauque. Pas de maison, le temps est devenu rugueux, Mais chante, chante le grillon.
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compte parfois jusqu’à cinq parfois plus rarement ne sait pourquoi mais cinq lui est un bon nombre mieux que quatre et beaucoup plus que six d’ailleurs a ses doigts pour ça ceux des mains des pieds et tous ceux qu’elle a dans sa tête quand elle se trompe recommence frappe dans ses mains compte sur ses doigts compte et recompte encore et encore elle en a besoin elle en est sûre sûre d’avoir besoin de compter de savoir compter au moins au moins jusqu’à cinq sûre de ça et ce n’est pas rien cette certitude au milieu de tant de choses qui la dépassent la perturbent l’inquiètent au milieu de son incertitude d’être de ce monde qui va trop vite bouge sans cesse en tous sens elle compte recompte encore encore et encore pour s’enfouir dans l’édredon de cette certitude comme si tout cela un jour ou l’autre ne devait pas un jour finir
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Alessandro se passionne d’abord pour la littérature lit dévore puis trouve que le football ne manque pas de charme puis le tennis la course à pied la musique mongole ouzbèque l’opéra l’opéra en effet mais il y a tant d’autres choses encore l’instant d’après c’est la natation la natation la natation ou le vélo les rêveries devant les paysages les promenades en forêt l’archéologie la science et son histoire l’histoire et l’histoire des sciences la science de l’histoire la religion le problème de dieu l’occupe en effet un instant puis de l’un passe aux multiples à l’histoire des religions puis au golf au théâtre cinéma danse visite de musées histoire de l’art philosophie psychanalyse mathématiques psychologie alors tombe le couperet du soir et se retourne sur sa journée se dit que rien n’a eu lieu sinon l’essoufflement de sa course d’une recherche à l’autre d’un emballement de l’esprit à l’autre que rien n’est dit ni épuisé tout encore reste à découvrir et maintenant c’est la nuit qui tombe la nuit qui tombe sans remords possibles la nuit sa nuit qui tombe
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commence par regarder s’arrête puis ferme les yeux imagine se dit que ce n’est pas possible que ce soit ainsi qu’il a vu ce qu’il a vu préfère croire le monde que le voir rouvre les yeux regarde à nouveau n’y croit pas ça va pas comme ça ça va pas question de patience d’apprivoisement de surprise de peur ne sait pas ne sait pas n’a jamais su rester les yeux ouverts commence par regarder mais ça ne dure pas ne peut pas durer ses regards le blessent le monde est trop différent fait un pas s’arrête ouvre un œil le ferme ne veut pas voir ce qu’il ne peut pas ne pas voir ne veut pas voir ça et le reste se dit qu’il rêve ou cauchemarde que tous ces mouvements browniens ce chaos ces fatras de choses et d’autres de regards perdus sourires niais papiers gras visages usés ça ne peut pas être le monde que ça ne peut être qu’une erreur une supercherie rien ou tout c’est selon ferme les yeux met de la couleur des parfums dans sa tête respire s’arrête s’arrête ferme les yeux les ouvre les ouvre les ouvre et ça suffit comme ça ça suffit comme ça ça lui suffit comme ça comme ça
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c’est un pirate il a l’âge de ses haines bandeau noir sur l’œil jambe de bois sabre d’acier courbe sanglant chiques et chicots en bouche et vociférations un pirate cruel sans pitié un monstre d’indifférence d’égoïsme tout tombe autour de lui amour haine justice injustice pitié bonheur violence comme pluie de concepts rage d’être pas d’humanité n’en finit pas d’abattre des têtes et des mots tailler dans le vif de la chair et des langues mordre cracher trancher couper vivre au jour le jour ses nuits et ses crépuscules et ses exécrations des aubes et des jours rêve de gibets haute vergue cabestan mât d’artimon ornés de squelettes balançant aux vents tropicaux la cruauté est son idéal horreur des sentiments de leur épaisse soupe tiédasse est au-delà atroce autre dur cruel féroce impitoyable la peur est son outil son évangile son coran sa bible son kama-soutra tue à la va-vite comme il aime si peu d’ailleurs pas le temps trop de rages à satisfaire pas le temps pas vraiment le temps entre mômes métro télé boulot dans son coursier des routes c’est à la hussarde qu’il trousse la ville
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