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Ombre du silence : grillon… le temps s'est couvert de cals Impossible de retrouver tilleuls Ou épaules d'autrefois. Comme les mains sont devenues rugueuses, Le regard lourdaud, la parole grippée, Comme les rues sont étriquées, les vestes courtes, Les ruelles ont pris de l'ampleur. L'abat-jour jaunit, les ombres sont clairsemées, Le rouge aux joues s'est éteint, le soir est amorphe, Le vent devenu atone, les mèches se font rares. Comme s'aiguisent pommettes et angles, Voix enrouée, portes bancales, Cour décrépite, enfants grandis. Le silence se ternit, les murs se resserrent, Impasses couverts de duvet d'érable. Impossible de retrouver tilleuls ou épaules d'autrefois, Les fenêtres ne se ressemblent plus, le froid est rauque. Pas de maison, le temps est devenu rugueux, Mais chante, chante le grillon.
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