Tara m'avait appris à penser autrement.
Luc Leruth, La machine magique
Ma malheureuse tête ne peut plus endurer l'horreur de ce supplice: l'innocent devient toujours la proie du coupable - toute morale est une convention - partout résonne la voix de ceux qui prêchent la mort... Nos sentiments, seuls, nous permettent de savoir les choses, la section des piques... La grandeur d'un état n'est pas compatible avec le bonheur des citoyens - dans un siècle entièrement corrompu le plus sûr est de faire comme les autres: je suis en droit de réclamer cette liberté qu'une simple mesure de liberté m'a ravie, la folie... La liberté comme métaphore, la métaphore comme métaphysique, que suis-je ici sinon un enfant? Et mon âme veut affectionner son bourreau; aller au bout de l'imagination, construire une pyramide avec des corps, comme un poncif architectural - l'imagination est le seul recours - je ne le cache point, c'est avec peine que je vois la lenteur avec laquelle nous essayons d'arriver au but, l'infamie fait beaucoup plus d'heureux que la vertu... Le meurtre est-il un crime aux yeux de la nature ? Ma vie est marquée par des sacrifices répétés... Tous les hommes ont un droit de jouissance égal sur toutes les femmes: la folie est de devenir à soi-même son propre bourreau; je ne sais pourquoi j'existe et je respire encore: tout est arrangé par la nature... Visions dans la pénombre du cachot: je dresse mon membre vers sa bouche...