je suis penchée au-dessus de la distance
que je viens de parcourir
Dominique Maurizi, Les tables des matières
Ce qui passe est déjà passé... Un couple de papillons se pourchasse! Il s'agit d'une forêt, c'est à dire de n'importe où - il fait chaud: ce village n'a pas d'importance réelle... Les regards embrassent les lointains - l'air est bleu gros gros bleu : un éclat constant de chaleur à ce moment de la journée lamine le pâle ciel d'été... La forêt appelle, le jardin est vide... Ça et là flamboient des îlots de lumière; c'est de l'eau qui coule! (le ciel c'est le ciel) le soleil est à la verticale des chênes: l'eau coule lente sans état d'âme. Mouches tournoyant follement sur des bouses de vache, la rivière coule vite, toute plate, la campagne met la patience à l'épreuve, les espaces bleutés palpitent comme des mirages; il y a aussi quelque part un café. L'arbre mauvais ne peut donner que de mauvais fruits, le ciel bleu déborde d'une lumière très jaune: le soleil tape, brûlant... Le soleil tourne, lourd...