Qui pleure là, sinon le vent simple…
Paul Valéry, La jeune Parque
A une idée précise en tête; D’Eurymédon a oublié l'existence des autres. L'église (Saint Justinien) est au centre du village: Wilfrid ne voit personne; il sait qu'il n'existe pas deux choses identiques. Wilfrid ne goûte que les petits plaisirs ordinaires; va où ses pieds le mènent: D’Eurymédon marche avec méthode ( fait tout avec méthode). Il contourne les imperfections sur le goudron de la chaussée; possède le don d'enregistrer les moindres détails autour de lui en ayant pourtant l'air d'avancer dans le brouillard; D’Eurymédon vit selon l'instant - D’Eurymédon a le temps pour lui. Seuls les pigeons, qui font la loi sur les toits, proposent une agitation méthodique... Le quartier est plongé dans une sorte de stupeur - les façades des maisons ont un air absent, barricadé, des enfants jouent dans les jardins; des rues à peu près inhabitées - ce quartier n'a pas d'importance. A l'écart de tout, un hors-monde, seuls de vagues bruits lointains dénoncent un reste de vie, un chat traverse une rue comme s'il craignait d'être aperçu. Le quartier est un dortoir à la campagne : les rues sont étroites et quelconques, aveuglantes - rien n'est assuré.