Et cependant il arrive que, quand ils ont eu le temps de se reconnaître et de revenir de la première émotion en discourant ou la plume à la main, ces admirateurs si unanimes un moment ne s’entendent plus, même sur les points principaux de leur admiration; les habitudes d’école, les préjugés d’éducation ou de patrie reprennent le dessus dans leur esprit, et il semble alors que plus les juges sont compétents plus ils se montrent disposés à la contradiction; car, pour les gens sans prétention, ou ils sont faiblement émus, ou ils s’en tiennent à leur admiration première. Nous ne comptons point dans ces diverses catégories la cohorte des envieux, que le beau désespère toujours.
Eugène Delacroix, Études esthétiques
Un inconnu, quelque part s'assied dans un fauteuil et contemple les courbes des dessins d'enfants... Le monde tourne. La vie devient une balançoire vide oscillant au grè du vent... Pendant que Omar Steering se contente aussi de vivre, les choses, parfois, s'accélèrent... Une nommée Anne Mukoma, habitant Sorgues, sent son coeur se serrer et l'inquiétude revenir. Rosa appelle Bumstead. Mme Elena Elytis brave le paysage... Le monde tourne. Le monde tourne. Tout va à vau-l'eau : Bumstead appelle Mademoiselle Aragorn. Étiennette Galiber imagine que Claude Gregorovius se tient dans la porte: tout va à vau-l'eau: un certain Pierre Ramboule vient s'habiller devant sa télévision. Par un hasard absurde, Edith Honeystone de Treuzy-Levelay passe dans sa cuisineet, dans un bol, verse deux cuillerées à soupe de café soluble alors que au même moment, Pierre Dedalus, de Jacqueville, fait la même chose. Pendant que Pierre Dedalus transige avec les puanteurs humaines, Madame Odette Winston imagine - alors que Mme Elytis signe un ouvrage. La vie n'est linéaire que par nécessité physique après coup, car sinon elle est chaotique, ballotée entre les bifurcations les plus imprévisibles.