Ne manquerait plus que je libère le clapier…
Jacques Demarcq, Les zozios
Les romans ne sont écrits qu'avec des trous que les lecteurs comblent parfois, le roman combat contre le temps; si un roman a besoin d'intrigues, celles-ci n'ont à être ni uniques, ni linéaires. Chacun sait que les histoires sont imaginaires même quand elles disent des vérités plus importantes que celles que nous pouvons trouver ailleurs. Le roman avance masqué dans l'entrecroisement des citations vraies ou dissimulées; de quel monde le roman doit-il parler? Comment exprimer l'univers en paroles? Ecrire n'est pas une nécessité ! Il n'y a pas de cohérence dans le roman, - et c'est ce qui fait sa force - il parle n'importe comment de n'importe quoi. Tout est vrai dans un roman, parce qu'un auteur n'invente rien ; il y a un dehors du roman, affirmé comme un réel : un monde où se passe autre chose. Le récit place la vie au sein d'un ordre... Le romancier joue au chat et à la souris avec son lecteur, le roman est un jeu sur la mémoire - c'est alors que les mots viennent à manquer: les choses au jour le jour n'ont pas leur place dans un roman. Ce sont les gens dans les livres qui devraient imaginer nos histoires, le roman a quelque chose à voir avec la culture générale de ses lecteurs, pourquoi donc faudrait-il des romans? Dans un roman la perversité est plus intéressante que la normalité - le roman est un jeu d'adresse... Le rapport du roman à la réalité est étrange - les histoires n'arrivent qu'à ceux qui sont capables de les raconter ! Personne ne veut faire partie d'une fiction; le seul lieu où l'individu existe est sa propre tête...