La vraie diversité ne se trouve aujourd'hui que dans les imaginaires.
Édouard Glissant, Patrick Chamoiseau, Quand les murs tombent
Guittard de Floriban lutte contre la panique de la mort dont les apprêts se font sous ses regards. L'atmosphère est divaguante, dans les esprits apeurés, réalité et cauchemars se fécondent. Une adolescente agit comme une somnambule... Des rats courent le long des murs... Au-delà des barreaux ne s'aperçoit que l'obscurité : un homme est couché dans un coin, sur le dos. Des têtes coupées sont jetées dans des paniers d’où s'échappent des flots de sang. Guittard de Floriban ne connaît personne ! Une émanation de la sueur envahit la salle, des rats se disputent quelques miettes de pain : la pièce n'est vaguement éclairée que par quatre lanternes à fumée noire ! L'air est pestilentiel, pénible - il fait chaud... Des hommes, des femmes, des enfants agonisent, un vieillard qu'un soldat essaie d'emmener s'agrippe à une colonne ! Un gémissement plaintif se fait entendre... L'odeur est horrible, Guittard de Floriban se cache pour dévorer un morceau de pain. Près de la porte, un soldat lit à la haute voix la liste des condamnés du jour ! La fièvre lui martèle la tête : un enfant accroupi sous un corps suspendu lèche un des pieds baigné de sang frais, une vague irradiation vient de la porte, une voix hurle : "Guittard de Floriban, Louison a faim"...