Quand la mort arrive, peu lui importe s'il s'agit d'une mère ou d'une épouse.
Atiq Rahimi, Terre et cendres
Des chariots entrent bruyamment sur la place du Champ de Mars... Un cri traverse la foule: "hideuse marcheuse, va au diable !" une femme s'avance, l'impudence est sur son front, d'une fenêtre, un enfant crie : "maman, maman"! Elle se couche d’elle-même sur la planche, semble prier - les tambours roulent, le bourreau libère le couteau - le sang coule à gros bouillons: le bourreau essuie le sang qui a rejailli sur son visage; l'odeur du sang chaud envahit la place, excite la foule. Une vieille femme hésite une seconde puis se décide, cheveux noirs, courts et hérissés. Les bourreaux s'emparent d’elle sans ménagement, la plaquent sur la planche, la couchent sous la lame suspendue ! Il y a une fente claire et quelque chose tombe comme l'éclair; le sang éclabousse les vêtements rouges du bourreau, on entend un choc sourd, la tête se sépare du corps ! La condamnée monte les marches de l'échafaud - à son tour le bourreau rouge s'avance, approche de la guillotine, libère le couperet - la tête jaillit, comme crachée par la lunette de la guillotine; deux flots de sang jaillissent du cou coupé... Sang, sang, l'univers paraît fait de sang : une femme semblant sortir du tombeau approche vêtue à demi elle se tourne vers la populace. deux flots de sang jaillissent du cou coupé : le flot de sang se perd dans la mare nauséabonde qui entoure l'échafaud... Le ciel traîne sur la ville comme un ventre trop lourd...